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	<title>ITECO.be</title>
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		<title>09. Les auteurs</title>
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		<description>Michela Wrong est journaliste et &#233;crivaine, auteure notamment de It's our turn to eat. Claire Fr&#233;d&#233;ric est formatrice au Centre socialiste d'&#233;ducation permanente, Cesep. Fran&#231;oise Clementi est consultante en microfinance. Sou&#226;d Belhaddad est journaliste et &#233;crivaine, auteure notamment d'Alg&#233;rie, le prix de l'oubli. Louis Lor&#233;al fut un &#233;crivain et parolier fran&#231;ais actif dans la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle. Chafik Allal et Antonio de la Fuente travaillent &#224; (...)

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&lt;a href="http://www.iteco.be/-Ethique-et-developpement-" rel="directory"&gt;810. Ethique et d&#233;veloppement&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Michela Wrong est journaliste et &#233;crivaine, auteure notamment de &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.guardian.co.uk/books/2009/mar/14/politics' class='spip_out' rel='external'&gt;It's our turn to eat&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Claire Fr&#233;d&#233;ric est formatrice au Centre socialiste d'&#233;ducation permanente, &lt;a href='http://www.cesep.be/' class='spip_out' rel='external'&gt;Cesep&lt;/a&gt;. &lt;a href='http://blog.francoiseclementi.com/' class='spip_out' rel='external'&gt;Fran&#231;oise Clementi&lt;/a&gt; est consultante en microfinance. Sou&#226;d Belhaddad est journaliste et &#233;crivaine, auteure notamment d'&lt;a href='http://livre.fnac.com/a1741668/Souad-Belhaddad-Algerie-le-prix-de-l-oubli' class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Alg&#233;rie, le prix de l'oubli&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Louis Lor&#233;al fut un &#233;crivain et parolier fran&#231;ais actif dans la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle. Chafik Allal et Antonio de la Fuente travaillent &#224; ITECO.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>08. Calomniez, calomniez...</title>
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		<dc:creator>Chafik Allal, Louis Lor&#233;al</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;...il en restera toujours quelque chose, &lt;i&gt;par Louis Lor&#233;al, introduit par Chafik Allal&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.iteco.be/var/www/iteco/www.iteco.be/local/cache-vignettes/L136xH150/arton611-814f7.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='136' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:136px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;...il en restera toujours quelque chose, &lt;i&gt;par Louis Lor&#233;al, introduit par Chafik Allal&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nos p&#232;res nous ont peut-&#234;tre appris pas mal de choses, mais on est tr&#232;s loin de les suivre, et, pire, on s'en &#233;carte aussi vite qu'on se rapproche de l'opportunisme, de la m&#233;diocrit&#233;, et de la bassesse du pouvoir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Il &#233;tait une fois. Il &#233;tait une fois une personne formatrice pour adultes qui passait son temps &#224; proposer &#224; ses coll&#232;gues de travailler sur une charte &#171; &#233;thique du formateur &#187; ; ses coll&#232;gues n'ont jamais voulu travailler sur cette proposition, par modestie, peur ou crainte de ne pas &#234;tre &#224; la hauteur. Se disant certainement que cette inflation &#233;thique d&#233;notait un mal de l'&#233;poque &#8211; signe d' une inqui&#233;tude plus que pr&#233;occupation intellectuelle &#224; laquelle il faut r&#233;fl&#233;chir et rem&#233;dier par une charte &#8211; les coll&#232;gues r&#233;agirent en r&#233;sistant par le silence. Ils se rappelaient sans doute la r&#233;flexion qu'un officier anglais fit &#224; Surcouf, c&#233;l&#232;bre corsaire malouin : &#171; Vous ne vous battez que pour l'argent, alors que nous, nous nous battons pour l'honneur &#187; ; &#224; quoi le roi des corsaires aurait r&#233;pondu : &#171; Monsieur, chacun se bat pour ce qu'il n'a pas &#187;. Ce simple saut dans la m&#233;moire leur a suffi pour se m&#233;fier de la pr&#233;occupation &#233;thique contemporaine autant que de ceux qui la portent. D'autant plus que leurs p&#233;riodes de silence &#233;taient, de loin en loin, rythm&#233;es par les rumeurs de calomnies colport&#233;es par cette personne &#224; leur &#233;gard : dire du mal de tel &#224; tel autre, calomnier, mentir ; tout est bon pour asseoir un pouvoir dans une institution, dans la soci&#233;t&#233;, dans une famille, dans un groupe...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;CALOMNIE s. f.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Faux bruit, invention malveillante que certains individus colportent, imputant de mauvaises actions &#224; des gens qu'ils veulent discr&#233;diter. La calomnie est une arme vile et abjecte employ&#233;e de tous temps par les envieux, les esprits bas et sans scrupule, les gens d'&#233;glise, de politique et de Pouvoir &#224; l'&#233;gard de ceux qui militent en contempteurs de toute autorit&#233;, et qui ne peuvent se r&#233;soudre &#224; garder pour eux seuls une v&#233;rit&#233; bienfaisante &#224; tous.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tour &#224; tour, les premiers chr&#233;tiens, les Juifs, les protestants, les socialistes et les anarchistes furent en butte aux accusations les plus stupides, en m&#234;me temps que les plus ignobles, de la part de ceux dont ils d&#233;rangeaient les plans et contrariaient les app&#233;tits. C'est ainsi qu'&#224; Rome, quand les disciples de Paul de Tarse eurent fait d'assez grands progr&#232;s moraux dans la population, le gouvernement de N&#233;ron fit circuler sur leur compte mille histoires horribles. On les accusait de tuer les petits enfants, de manger de la chair humaine, de comploter contre la vie des gens, de pr&#234;cher le vol, le viol et le meurtre. Ce qui faisait que gr&#226;ce &#224; ces l&#233;gendes, le peuple &#233;tait heureux d'aller au cirque pour assister aux supplices des chr&#233;tiens. Quand N&#233;ron ordonna l'incendie de Rome, il r&#233;ussit pendant pr&#232;s d'un an &#224; faire croire au peuple que c'&#233;taient les chr&#233;tiens qui avaient commis ce crime, tant &#233;tait grande la puissance de la calomnie savante et r&#233;it&#233;r&#233;e des caudataires du C&#233;sar. Lorsque, gr&#226;ce &#224; la conversion de Constantin, les chr&#233;tiens parvinrent &#224; partager avec l'empereur l'autorit&#233; toute-puissante, les pr&#234;tres de la nouvelle &#233;glise oubli&#232;rent totalement le martyrologe de leurs devanciers.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; leur tour ils mani&#232;rent de main de ma&#238;tre la calomnie. Ce furent tout d'abord les Juifs qui furent choisis comme victimes &#8213; et l'on peut dire qu'en cette occasion, le travail des pr&#234;tres r&#233;ussit au-del&#224; de toute esp&#233;rance, car aujourd'hui encore on colporte sur les h&#233;breux les pires infamies &#8213; m&#234;me dans les milieux qui &#233;chapp&#232;rent depuis &#224; l'emprise catholique, on fait du mot &#171; juif &#187; un terme de m&#233;pris. Cette campagne pers&#233;v&#233;rante eut quelquefois de sanglants r&#233;sultats : les pogroms russes et polonais sont les plus frappants exemples de l'&#233;tat d'&#233;garement dans lequel l'&#233;glise catholique sut plonger les cr&#233;dules. Plus tard, ce furent les protestants qui subirent l'assaut. &#192; cette occasion se forma une secte qui devint c&#233;l&#232;bre. Un ancien soudard espagnol : Ignace de Loyola, cr&#233;a la &#171; Compagnie de J&#233;sus &#187;, qui avait comme but initial l'affermissement de la puissance eccl&#233;siastique. L'arme principale de cette association fut naturellement la calomnie. On connait le discr&#233;dit qui s'attache maintenant aux disciples de Loyola, et le terme &#171; j&#233;suite &#187; signifie la plus forte expression de r&#233;pugnance que l'on puisse &#233;mettre quant &#224; la valeur morale d'un individu. Caron de Beaumarchais, en cr&#233;ant son Don Bazile, a camp&#233; admirablement le j&#233;suite, et l'axiome &#171; Calomniez, calomniez ! il en restera toujours quelque chose &#187; est devenu justement c&#233;l&#232;bre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ensuite, ce furent les r&#233;publicains, puis les socialistes qui support&#232;rent lourdement le poids de la calomnie officielle. Et enfin, depuis une quarantaine d'ann&#233;es, ce sont les anarchistes qui se voient le plus implacablement charg&#233;s de tous les m&#233;faits imaginaires. Les anarchistes sont davantage accabl&#233;s, parce que, adversaires implacables de tous les charlatans, ils voient se liguer contre eux toutes les forces religieuses et politiques. Il n'est pas un crime, pas un m&#233;fait qui ne se commette sans qu'on essaie de prouver que le ou les auteurs de ce crime ou m&#233;fait est un immigr&#233; originaire du Sud.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Disons que malgr&#233; cela, petit &#224; petit la v&#233;rit&#233; se fait jour gr&#226;ce &#224; l'inlassable propagande des militants et que les exploit&#233;s commencent &#224; comprendre que les anarchistes sont encore leurs meilleurs et leurs seuls v&#233;ritables amis.
Mais il n'y a pas que sur le terrain politique ou philosophique que la calomnie est employ&#233;e. Journellement, dans .les rapports les plus intimes, pour les motifs les plus futiles (quelquefois, m&#234;me, sans motif aucun), l'arme empoisonn&#233;e est dirig&#233;e contre quelqu'un qui n'en peut mais ! Les m&#233;chants, les jaloux, les &#234;tres faibles et nuls manient avec vigueur cette incomparable auxiliaire de la vilenie, de l'envie et de la m&#233;diocrit&#233;. Le plus souvent la calomnie rampe lentement et met un temps infini &#224; parvenir aux oreilles du calomni&#233;. C'est d'abord un racontar, une incrimination qui, au fur et &#224; mesure qu'elle s'&#233;loigne de son point de d&#233;part se mue en affirmation, puis en accusation. De bouche en bouche, le bruit, faible d'abord, ne tarde pas &#224; devenir un tonnerre. Alors, le mal fait est Irr&#233;m&#233;diable. Comme il est rare que l'on puisse remonter &#224; la source exacte d'une calomnie, on lui pr&#234;te une quantit&#233; infinie d'auteurs et, en vertu de ce proverbe inepte : Il n'y a pas de fum&#233;e sans feu, les gens qui se sont faits les r&#233;cepteurs de la calomnie y croient dur comme fer et ne se privent pas de la transmettre &#171; sous le sceau du secret &#187;... pour qu'elle circule plus vite. Et le plus terrible, c'est qu'aucune preuve, si magistrale, si p&#233;remptoire f&#251;t-elle, ne peut d&#233;truire l'ouvrage monstrueux accompli par le propagateur de ragots... C'en est d&#233;sormais fini pour le calomni&#233;. S'il n'a pas eu l'heur de trouver le calomniateur au d&#233;but du m&#233;fait, il verra toute sa vie empoisonn&#233;e par la fl&#232;che venimeuse qu'un criminel lui aura lanc&#233;e et que la stupide cr&#233;dulit&#233; et la l&#226;che passivit&#233; des autres auront ancr&#233;e en lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour &#234;tre calomniateur, point n'est besoin d'avoir invent&#233; la basse besogne. Pour avoir sur la conscience le poids d'une vilenie, nul besoin n'est d'&#234;tre soi-m&#234;me l'auteur de cette vilenie. Celui qui entend une accusation monstrueuse contre un autre est aussi un calomniateur s'il n'exige pas des preuves et se rend, par cela m&#234;me, complice de la calomnie. Point n'est besoin. m&#234;me, de s'&#234;tre fait le propagateur d'une affirmation infamante pour avoir droit &#224; l'&#233;pith&#232;te de calomniateur. Il suffit simplement d'avoir entendu une accusation contre quelqu'un, et de ne pas avoir pr&#233;venu la victime, de ne pas avoir essay&#233; de mettre en face l'accusateur et l'accus&#233;, pour s'&#234;tre, par un silence passif, fait le complice de la mauvaise action. Et c'est souvent pire qu'une mauvaise action, c'est un v&#233;ritable crime que la calomnie. Toute une vie de labeur, de droiture et d'abn&#233;gation peut &#234;tre d&#233;truite par une assertion, et la victime terrass&#233;e n'a plus qu'a essayer la besogne titanesque de r&#233;duire &#224; n&#233;ant l'&#339;uvre inf&#226;me. Elle en sortira meurtrie, broy&#233;e et sanguinolente, elle aura connu toute l'amertume des reniements d'amiti&#233;, toute la douleur de se voir trahi et sali et l'horrible, l'indescriptible souffrance de se sentir injuri&#233;, suspect&#233;, m&#234;me dans les actions les plus nobles et les plus d&#233;sint&#233;ress&#233;es. Car la mentalit&#233; de nos contemporains est ainsi faite qu'elle accepte difficilement un r&#233;cit montrant quelqu'un comme un &#234;tre d'&#233;lite, mais qu'elle accueille avec une avidit&#233; d&#233;concertante tout ce qui tend &#224; avilir et &#224; d&#233;grader un quelconque personnage. Et c'est l&#224; une constatation qu'on peut faire personnellement : les noms des criminels restent grav&#233;s dans la m&#233;moire des gens, mais ceux des savants, des bienfaiteurs de l'humanit&#233; s'effacent aussi vite qu'ils ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s, si tant est qu'ils le furent. Aussi, peut-on dire, sans crainte d'&#234;tre tax&#233; d'exag&#233;ration, que la calomnie est un v&#233;ritable crime.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Elle est la cause de grands et terribles drames, et c'est assur&#233;ment la calamit&#233; qui a, &#224; son compte, le plus grand nombre de victimes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il faut travailler de toutes nos &#233;nergies &#224; enlever de nos m&#339;urs cette d&#233;gradation de l'&#234;tre. Pour cela, il nous faut habituer les gens &#224; la franchise, il nous faut, toutes les fois que nous le pourrons, arr&#234;ter net la calomnie &#224; ses d&#233;buts. Quand nous entendons quelqu'un lancer une accusation contre un autre, for&#231;ons l'accusateur &#224; confirmer ses dires devant celui qu'il veut accabler ; demandons, exigeons des preuves formelles, sinon, n'h&#233;sitons pas &#224; le fl&#233;trir et &#224; s'&#233;carter de lui comme on s'&#233;carte d'un pestif&#233;r&#233;, comme on se s&#233;pare d'un mouchard : car le calomniateur d&#233;passe quelquefois le mouchard en vilenie. N'accueillons pas les racontars, ne ramassons pas les accusations &#224; la l&#233;g&#232;re. Disons-nous bien que celui qui voyant se perp&#233;trer un crime ne fait rien pour l'emp&#234;cher devient aussi criminel que l'auteur du crime. Et mettons-nous bien cette pens&#233;e dans la t&#234;te : que le calomniateur est l'&#234;tre le plus vil, le plus l&#226;che, le plus ignoble, le plus abject et le plus criminel qui puisse &#234;tre. Et pour arr&#234;ter &#224; jamais le r&#232;gne inf&#226;me de la calomnie, faisons de la franchise un devoir dans nos relations humaines, et nous aurons bien travaill&#233; pour l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; dans laquelle la v&#233;rit&#233; sera le principal pilier de la fraternit&#233; entre tous les hommes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>07. Est-ce &#233;thique de filmer la trag&#233;die ? </title>
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		<dc:creator>Sou&#226;d Belhaddad</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Deux films autour de l'extermination des Tutsis au Rwanda r&#233;actualisent la question que Claude Lanzman posait &#224; travers son documentaire &lt;i&gt;Shoah&lt;/i&gt;, en 1985. Un g&#233;nocide est-il impossible &#224; repr&#233;senter ?, &lt;i&gt;par Sou&#226;d Belhaddad&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux films autour de l'extermination des Tutsis au Rwanda r&#233;actualisent la question que Claude Lanzman posait &#224; travers son documentaire &lt;i&gt;Shoah&lt;/i&gt;, en 1985. Un g&#233;nocide est-il impossible &#224; repr&#233;senter ?, &lt;i&gt;par Sou&#226;d Belhaddad&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On sait que Lanzman d&#233;tient une r&#233;ponse ferme &#224; ces deux interrogations : c'est oui. Pas question de pr&#233;tendre filmer le g&#233;nocide des juifs. Concernant celui des Tutsis au Rwanda, les cin&#233;astes Philippe Van Leeuw, Belge, et Lee Isaac Chung, Am&#233;ricain, prennent le contre-pied (&#8230; contre- champ) de cette position. Le premier a r&#233;alis&#233; &lt;i&gt;Le jour o&#249; Dieu est parti en voyage&lt;/i&gt;, le second est auteur de &lt;i&gt;Munyurangabo&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Fiction, en avant toute&#8230; Une &#233;volution &#233;thique ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Le jour o&#249; Dieu est parti en voyage&lt;/i&gt; renvoie &#224; un proverbe rwandais pr&#233;tendant que si Dieu passe ses journ&#233;es ailleurs, il revient chaque nuit y dormir, consid&#233;rant que c'est le plus bel endroit au monde. Mais la nature est aussi belle que cruelle.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Face au drame, le spectacteur plac&#233; en position de voyeur&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La luxuriante for&#234;t o&#249; Jacqueline, Rwandaise, coulait des apr&#232;s-midi familiales heureuses est devenue refuge hostile durant le g&#233;nocide, apr&#232;s avoir vu les d&#233;pouilles de ses enfants jet&#233;es comme des ordures. Terr&#233;e, elle va sombrer dans le d&#233;sespoir, au point de d&#233;sirer mourir avant que les g&#233;nocidaires ne la trouvent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A partir de ce moment -Jacqueline tentant de survivre- la cam&#233;ra de Philippe Van Leew ne la filmera plus qu'en plan serr&#233;, intimant au spectateur de &#171; voir &#187; seulement ce que la cam&#233;ra intime de voir. Au point de se sentir parfois &#171; voyeur &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#233;alisateur se d&#233;fend, pourtant d'une telle intention : &#171; J'&#233;tais pr&#233;occup&#233; par la question de la survivance : par quel ressort l'&#234;tre humain continue son parcours m&#234;me quand on ne lui reconna&#238;t plus sa qualit&#233; m&#234;me d'humain ? Je me suis donc attach&#233; aux pas de Jacqueline du d&#233;but jusqu'&#224; la fin du film. Mais je n'ai pas eu le sentiment d'&#234;tre d&#233;monstratif, ni voyeur. J'&#233;tais en empathie &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cependant, est-ce que malgr&#233; soi, tel que l'avan&#231;ait l'universitaire am&#233;ricain Howard Suber &#224; propos de &lt;i&gt;Shoah&lt;/i&gt;, la fiction autour d'un g&#233;nocide ne se d&#233;cline pas comme une variante &#171; de la plus grande intrigue du monde &#187; ? Soit : un personnage se retrouve pi&#233;g&#233; dans une situation qui le d&#233;passe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;S'en sortira-t-il ? Dans &lt;i&gt;Le jour o&#249; Dieu est parti en voyage&lt;/i&gt;, le spectateur est soumis &#224; ce suspense -Jacqueline va-t-elle survivre ? - alors que, de toute fa&#231;on, ce suspense n'a pas lieu d'&#234;tre, puisque la majorit&#233; des Tutsis, au Rwanda, a bel et bien &#233;t&#233; extermin&#233;e en avril 1994 ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le film, dit le dossier de presse, &#171; s'inspire d'une histoire vraie &#187;. Mais non&#8230; La seule histoire vraie, dans ce sc&#233;nario, c'est celle de ces coop&#233;rants belges d&#233;sesp&#233;r&#233;s de partir en abandonnant leur employ&#233;e. L'histoire de cette derni&#232;re, elle, n'est ni vraie ni r&#233;elle (m&#234;me si elle est &#233;videmment r&#233;aliste).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Car seuls les rescap&#233;s peuvent t&#233;moigner de la r&#233;alit&#233; de leur survie ; or, pr&#233;cise le r&#233;alisateur, les anciens employeurs de Jacqueline n'ont jamais pu retrouver sa trace apr&#232;s le g&#233;nocide. Son histoire est donc imagin&#233;e, elle est sc&#233;nario de cin&#233;ma.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Une victime qui ne perd rien de sa beaut&#233; dans l'&#233;preuve&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Or, comment faire de la fiction avec une histoire dont on ne sait rien, quand de vrais t&#233;moins de parcours similaires existent encore ? Comment savoir si, comme dans ces sc&#232;nes o&#249; Jacqueline perd la raison, cette victime est rest&#233;e aussi belle qu'elle l'appara&#238;t sous le regard de Philippe Van Leeuw, quand tant de rescap&#233;s confient ne s'&#234;tre plus sentis physiquement humains, dans leur survie ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est l&#224; qu'une certaine g&#234;ne peut s'instaurer chez le spectateur, m&#234;me si cette repr&#233;sentation esth&#233;tique du personnage est tout &#224; l'honneur du r&#233;alisateur qui, en profonde empathie avec lui, n'a pas pu l'avilir par l'image&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, quand il arrive que &lt;i&gt;Le Jour o&#249; Dieu est parti en voyage&lt;/i&gt; refuse de &#171; donner &#224; voir &#187;, il propose certaines sc&#232;nes tr&#232;s fortes. Confirmant ainsi un principe d&#233;j&#224; v&#233;rifi&#233; au cin&#233;ma (entre autres par Rossellini dans &#171; &lt;i&gt;Rome Ville ouverte&lt;/i&gt; &#187;) : On ne filme jamais mieux l'horreur qu'en hors-champ.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme lorsque Jacqueline est cach&#233;e dans un faux plafond ou terr&#233;e dans la for&#234;t et qu'elle entend le g&#233;nocide (sifflets, coups, cris de haine ou d'excitation durant les pillages, battues dans la for&#234;t). Le spectateur ne voit pas les g&#233;nocidaires mais ils sont l&#224;, partout, dans le hors champ.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et les entendre, ce n'est pas &#234;tre dans la fiction du g&#233;nocide, au sens d'en imaginer quelque chose, de &#171; s'en faire un film &#187;. C'est &#234;tre dans ce qui fait l'essence d'un g&#233;nocide : l'irr&#233;pr&#233;sentable.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;Munyurangabo&lt;/i&gt;, fiction d'une grande intensit&#233; (tourn&#233;e en kinyarwanda) de Lee Isaac Chung, tient aussi ce beau pari cin&#233;matographique : filmer sans montrer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'amiti&#233; entre deux adolescents de Kigali, l'un hutu, l'autre tutsi, qui se fissure au cours du film, nous plonge directement dans l'apr&#232;s-g&#233;nocide, mais aucun spectateur ne se m&#233;prend : on est sans cesse dans le g&#233;nocide.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Faut-il encore tourner des films sur le sujet ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Il est l&#224;, dans tout lieu (la maison des parents hutus, leur champ), chez tout protagoniste (leurs regards, leurs silences, leurs confidences, leurs po&#232;mes). Mais l'image ne le montre pas, c'est dans le hors champ, hors du cadre que tout se joue. C'est tragique, et cin&#233;matographiquement magnifique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Hors du cadre, le g&#233;nocide des Tutsis au Rwanda devient moins &#171; irrepr&#233;sentable &#187;&#8230; Pourtant, cette impossibilit&#233; &#224; filmer cette trag&#233;die, en &#233;cho &#224; l'impossibilit&#233; de filmer la Shoah, doit-elle emp&#234;cher de continuer des films sur le sujet ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Spielberg &#224; Lanzmann, des tentatives toujours vou&#233;es &#224; l'&#233;chec ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peut-&#234;tre faut-il juste admettre que cela restera une tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e, puisqu'un g&#233;nocide rel&#232;ve de l'inou&#239;. Steven Spielberg d&#233;clarait dans &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; en 1998, apr&#232;s que Claude Lanzman a incrimin&#233; son film &lt;i&gt;La Liste de Schindler&lt;/i&gt;, sorti cinq ans plus t&#244;t :&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Aucun film, et j'inclus &lt;i&gt;La Liste de Schindler&lt;/i&gt; dans le lot, aucun documentaire, m&#234;me &lt;i&gt;Shoah&lt;/i&gt; de Claude Lanzmann, ne peut d&#233;cemment rendre compte de ce que le monde juif en Europe a endur&#233;, et de ce &#224; quoi il a surv&#233;cu. Mon sentiment est qu'il me fallait en parler, tout au moins essayer. D'une certaine mani&#232;re, j'ai &#233;chou&#233;, comme Claude Lanzmann, comme Primo Levi, comme Elie Wiesel &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>06. La microfinance, entre sp&#233;culation et &#233;thique</title>
		<link>http://www.iteco.be/La-microfinance-entre-speculation</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;oise Clementi</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;O&#249; en sont les principes &#233;thiques de transparence, de protection du client, et les taux d'int&#233;r&#234;ts raisonnables, &#224; la base du microcr&#233;dit ?, &lt;i&gt;par Fran&#231;oise Clementi&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.iteco.be/-Ethique-et-developpement-" rel="directory"&gt;810. Ethique et d&#233;veloppement&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.iteco.be/var/www/iteco/www.iteco.be/local/cache-vignettes/L147xH150/arton607-dd07a.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='147' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:147px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;O&#249; en sont les principes &#233;thiques de transparence, de protection du client, et les taux d'int&#233;r&#234;ts raisonnables, &#224; la base du microcr&#233;dit ?, &lt;i&gt;par Fran&#231;oise Clementi&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le microcr&#233;dit a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; dans le but de remplacer les pratiques usuraires des pr&#234;teurs locaux par de petits pr&#234;ts accessibles aux pauvres.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'objectif du microcr&#233;dit consiste &#224; financer des activit&#233;s g&#233;n&#233;ratrices de revenus : des revenus qui puissent servir non seulement &#224; rembourser la dette, mais aussi &#224; faire progresser des petites entreprises et m&#234;me de permettre &#224; leurs titulaires de faire quelques &#233;conomies.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et que se passe-t-il aujourd'hui ? Certaines institutions de microfinance, les IMF, demandent &#224; leurs gouvernements d'augmenter le taux officiel de l'usure pour pouvoir faire du microcr&#233;dit &#224; des taux d' int&#233;r&#234;ts de plus en plus &#233;lev&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De nombreuses IMF ne font pas du microcr&#233;dit pour am&#233;liorer ou cr&#233;er des petites entreprises : elles font du cr&#233;dit &#224; la consommation, ce qui finalement endette les pauvres de plus en plus.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Afin d' &#233;largir leurs portefeuilles et d'augmenter rapidement leurs b&#233;n&#233;fices, les IMF offrent &#224; leurs clients plusieurs cr&#233;dits &#224; la fois et cela sans analyser les possibilit&#233;s de remboursement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le r&#233;sultats est qu'il existe des IMF qui font du microcr&#233;dit &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t exorbitants qui peuvent atteindre 100% annuel ou m&#234;me plus. De m&#234;me, les clients perdent leurs maigres biens, leur logement, leur lopin de terre&#8230; et m&#234;me se suicident, incapables de trouver une solution &#224; leur dramatique situation. Et parce que des sp&#233;culateurs ont voulu s'enrichir rapidement, tout le syst&#232;me est discr&#233;dit&#233; et les investisseurs internationaux se retirent.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Depuis quelques mois plusieurs crises se sont d&#233;clar&#233;es. Au Nicaragua, l&#224; o&#249; le syst&#232;me de la microfinance &#233;tait consid&#233;r&#233; comme un mod&#232;le a suivre, une crise a &#233;clat&#233; avec la naissance du mouvement rural &#171; No pago &#187; (&#171; non payement &#187;). Un mouvement analogue s'est produit dans la ville indienne de Kolar (dans l'Etat du Karnataka). Derni&#232;rement, des nouvelles alarmantes sont venues de l'&#233;tat d'Andhra Pradesh (toujours en Inde), o&#249; de nombreux pauvres, surendett&#233;s et d&#233;sesp&#233;r&#233;s, se sont suicid&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces faits ont attir&#233; l'attention du monde entier et ont jet&#233; des ombres sur les pratiques des IMF.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'institution de microfinance indienne, SKS, dont la r&#233;cente introduction en bourse avait suscit&#233; des controverses, a vu derni&#232;rement comment tombaient ses cotisations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est &#233;tonnant d'entendre des t&#233;moignages de paysans pauvres qui maintenant pr&#233;f&#232;rent revenir chez l'usurier local plut&#244;t que d'emprunter de l'argent &#224; une institution de microfinance : au moins disent-ils, avec l'usurier ils savent &#224; quoi s'en tenir !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tout cela parce que quelques sp&#233;culateurs ont vu dans la microfinance une nouvelle forme de s'enrichir rapidement au d&#233;triment des pauvres. Mais les pauvres de la base de la pyramide n&#233;cessitent des produits financiers adapt&#233;s a leurs besoins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour que les investissements dans la microfinance fonctionnent, il faut appliquer les principes &#233;thiques de transparence, de protection du client, et offrir des taux d'int&#233;r&#234;ts raisonnables. Le microcr&#233;dit a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme un outil utile de lutte contre la pauvret&#233; et il doit le rester.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>05. Vous avez aim&#233; la lutte pour la d&#233;mocratisation du monde ?</title>
		<link>http://www.iteco.be/Vous-avez-aime-la-lutte-pour-la</link>
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		<dc:date>2011-12-04T22:43:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Chafik Allal</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Vous allez adorer la lutte contre la corruption, &lt;i&gt;par Chafik Allal&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.iteco.be/-Ethique-et-developpement-" rel="directory"&gt;810. Ethique et d&#233;veloppement&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.iteco.be/var/www/iteco/www.iteco.be/local/cache-vignettes/L150xH134/arton609-a3cc5.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='134' class='spip_logos' style='height:134px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vous allez adorer la lutte contre la corruption, &lt;i&gt;par Chafik Allal&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous avez aim&#233; la lutte de pays occidentaux pour la d&#233;mocratisation du monde ? Vous allez adorer la lutte contre la corruption. Dans le contexte actuel, ce combat &#8211; relativement nouveau pour r&#233;soudre un probl&#232;me qui ne l'est pas du tout &#8211; est au c&#339;ur de la plupart des analyses des causes du non d&#233;veloppement, aussi bien dans les pays du sud du monde, que dans nos r&#233;gions du sud de la Belgique. Enfin, peut-&#234;tre la plupart des analyses qui sont publi&#233;es par les m&#233;dias pour le grand public.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Vous avez un syst&#232;me de sant&#233; d&#233;faillant ? Normal, dirait Madame Germaine, dans vos pays il para&#238;t que les m&#233;decins sont v&#233;reux et encaissent des commissions. Vos enfants n'apprennent pas grand-chose &#224; l'&#233;cole ? Madeleine, ma voisine de palier, conna&#238;t bien la raison : elle sait que dans votre pays d'origine, ils ont &#233;t&#233; habitu&#233;s &#224; un syst&#232;me o&#249; on n'&#233;tudie pas puisqu'il suffit de payer pour r&#233;ussir. Ah, vos enfants sont n&#233;s ici ? Euh&#8230;, &#231;a ne change rien, ils savent cela de leurs cousins.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les administrations consulaires d'un pays du Sud sont lentes pour d&#233;livrer un visa &#224; un citoyen belge ? M&#233;fiez-vous, &#231;a veut dire qu'elles attendent de l'argent, dirait Michel mon comptable. Et ainsi de suite&#8230; Ce qui m'impressionne le plus, c'est la vitesse avec laquelle cette grille d'analyse s'est impos&#233;e. Depuis le milieu des ann&#233;es nonante, de nombreuses dimensions ont &#233;t&#233; occult&#233;es permettant d'expliquer les in&#233;galit&#233;s pour mieux mettre en relief cette dimension-l&#224;. Le pr&#233;sent propos ne cherche pas &#224; nier l'existence de la corruption ni &#224; en effacer les m&#233;faits plus ou moins &#233;normes en fonction du contexte. Ce que je cherche &#224; comprendre et &#224; formuler ici, c'est un aspect de cette lutte contre la corruption, qui me g&#234;ne. Je vais essayer d'expliciter pourquoi &#231;a me g&#234;ne et &#233;mettre des hypoth&#232;ses sur le processus qui nous a amen&#233;s l&#224;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La lutte contre la corruption a &#233;t&#233; mise &#224; l'agenda d'organisations internationales (OCDE d'abord) par des motivations nombreuses, et dans un contexte particulier : chute du mur de Berlin et affaiblissement d'alternatives au mod&#232;le n&#233;o-lib&#233;ral [Voir &lt;i&gt;&lt;a href='http://www.iteco.be/Dix-idees-recues-sur-la-corruption' class='spip_out'&gt;Dix id&#233;es re&#231;ues sur la corruption&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;] ; m&#234;me si personne n'a jamais prouv&#233; si la corruption est une cause ou un sympt&#244;me d'un &#233;tat en crise, on a choisi de focaliser en priorit&#233; sur cette question en l'enrobant de valeurs en inad&#233;quation avec le contexte occidental de notre &#233;poque. Les institutions de Bretton Woods n'ont pas mis longtemps &#224; s'emparer du sujet vu sa port&#233;e et son int&#233;r&#234;t. On peut difficilement trouver plus beau point d'entr&#233;e dans les affaires d'un pays que de mettre en avant une dimension morale ou &#233;thique aussi consensuelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est ainsi et dans ce contexte qu'a &#233;t&#233; fond&#233;e Transparency International (TI) en 1993. Et TI a largement utilis&#233; et popularis&#233; un indicateur de corruption qui est discutable : le Corruption Perceptions Index ou indice de perception de la corruption (IPC). Et l'essentiel du travail surm&#233;diatis&#233; de TI est la publication de son &lt;a href='http://bigbrowser.blog.lemonde.fr/2011/12/02/bakchich-et-les-pays-les-plus-corrompus-au-monde-sont/' class='spip_out' rel='external'&gt;rapport annuel&lt;/a&gt; reprenant les IPC pour plus de 180 pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour information, l'IPC est un indicateur composite calcul&#233; par Lambsdorff et classifiant chacun des pays sur une &#233;chelle de z&#233;ro (pays &#224; corruption maximale) &#224; dix (pays pas corrompu du tout). C'est pr&#233;cis&#233;ment une r&#233;sultante de sondages (treize sondages au maximum provenant de dix sources diff&#233;rentes [Les institutions et les sondages doivent &#234;tre list&#233;s.]) aupr&#232;s d'experts internationaux et d'agents publics d'un pays donnant leur avis sur leur perception de la corruption dans ce pays. Le probl&#232;me est que ces treize sondages n'ont ni les m&#234;mes questions, ni les m&#234;mes &#233;chelles de &#233;valuation, ni m&#234;me une d&#233;finition unique de la corruption. Les r&#233;sultats de ces sondages sont ensuite agr&#233;g&#233;s et liss&#233;s (sur deux ann&#233;es quand c'est possible) en m&#233;langeant des aspects quantitatifs (les chiffres en question) repr&#233;sentant des ph&#233;nom&#232;nes rarement comparables du point de vue qualitatif, &#233;valu&#233;s subjectivement par des personnes &#224; partir de leurs perceptions. En gros et en caricature, l'audimat comme indicateur absolu ! Ainsi, on donne le vernis de scientificit&#233; &#224; quelque chose qui est tout sauf scientifique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais comme dirait Madame Germaine, plus c'est gros, mieux &#231;a passe aupr&#232;s du public. Pourtant, l'indice de perception de la corruption ne pourra en aucun cas satisfaire ni les math&#233;maticiens, qui aiment bien la rigueur, ni les socio-anthropologues, qui ne peuvent accepter une d&#233;contextualisation aussi l&#233;g&#232;re ; c'est un indice qui ne veut pas dire grand-chose mais qui est bien utile. On le sort du chapeau &#224; diff&#233;rents moments pour justifier les actions de domination entreprises sous des pr&#233;textes faussement &#233;thiques.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ainsi, c'est devenu une tradition, on cite les sommes d'argent faramineuses d&#233;tenues par tel dictateur, sauvagement tu&#233;, pour excuser le crime ; on parle des diff&#233;rentes affaires d&#233;tenues par la famille de tel autre dictateur d&#233;chu, pour expliquer la l&#226;chet&#233; du &#171; l&#226;chage &#187; rapide. On feint d'avoir ignor&#233; cela, alors m&#234;me que l'argent est souvent (toujours ?) dans des banques occidentales ; les affaires sont faites avec des entreprises occidentales ; et m&#234;me l'argent sert parfois &#224; faire campagne politique pour des &#233;lections occidentales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pourtant, on continue &#224; jouer le jeu de la stigmatisation culturelle en filigrane, sur ce sujet (comme sur d'autres), m&#234;me si on sait que la corruption n'est pas li&#233;e &#224; des appartenances nationales (elle serait plus li&#233;e &#224; des &#171; moments &#187; politiques d'une communaut&#233;). Probablement que &#231;a permet d'all&#233;ger le fardeau des dominants et de leur permettre de mettre la responsabilit&#233; des probl&#232;mes sur les autres du point de vue des valeurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Sur cette question, comme sur beaucoup d'autres, l'&#233;thique pourrait dicter de d'abord faire un gros effort de d&#233;centration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>04. Ethique du formateur et d&#233;ontologie de la formation</title>
		<link>http://www.iteco.be/Ethique-du-formateur-et</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.iteco.be/Ethique-du-formateur-et</guid>
		<dc:date>2011-12-04T22:42:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claire Fr&#233;d&#233;ric</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Si la d&#233;ontologie d&#233;crit les bonnes pratiques, l'&#233;thique renvoie &#224; la qualit&#233; du questionnement qui est le fait de chaque formateur, &lt;i&gt;par Claire Fr&#233;d&#233;ric&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.iteco.be/-Ethique-et-developpement-" rel="directory"&gt;810. Ethique et d&#233;veloppement&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.iteco.be/var/www/iteco/www.iteco.be/local/cache-vignettes/L150xH118/arton606-f00eb.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='118' class='spip_logos' style='height:118px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si la d&#233;ontologie d&#233;crit les bonnes pratiques, l'&#233;thique renvoie &#224; la qualit&#233; du questionnement qui est le fait de chaque formateur, &lt;i&gt;par Claire Fr&#233;d&#233;ric&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout au long de mon trajet professionnel, j'ai &#233;t&#233; particuli&#232;rement vigilante, exasp&#233;r&#233;e, r&#233;volt&#233;e face aux malveillances, aux abus, aux d&#233;rapages, touchant &#224; l'intimit&#233; des personnes. Ainsi dans les ann&#233;es nonante, en pr&#233;misse au Code de d&#233;ontologie de l'aide &#224; la jeunesse, je me suis attel&#233;e avec d'autres &#224; des questions d'&#233;thique et de d&#233;ontologie propres &#224; ce secteur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;R&#233;cemment arriv&#233;e dans le champ socioculturel, j'ai &#233;t&#233; surprise, d&#233;concert&#233;e de d&#233;couvrir des professionnels, qui au quotidien, placent l'homme, l'humain au c&#339;ur de leur m&#233;tier sans cadre ni balises.
Les enjeux actuels relatifs &#224; la formation pour adultes pourraient engendrer des prises de position fortes et des r&#233;sistances &#224; la confrontation, au d&#233;bat. Or &#339;uvrer dans un m&#233;tier de service n&#233;cessite qu'un d&#233;bat ait lieu, celui des fondements &#233;thiques, des r&#232;gles d&#233;ontologiques de ce m&#233;tier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous avons tous &#224; un moment donn&#233; d&#251; nous d&#233;brouiller avec des questions aussi complexes que &#171; que faire avec la confidence de ce professionnel dans une situation de maltraitance &#187;, &#171; que faire avec ce formateur qui cumule des casquettes de formateur, d'administrateur, de membre de jury &#187; &#171; comment je me d&#233;brouille avec mon rapport au pouvoir, au savoir ? &#187;, &#171; comment garantir un climat de confiance et &#233;viter les fuites d'information ? &#187;. Au pire on se d&#233;brouille en colloque singulier, au mieux on fait appel &#224; l'&#233;quipe. Mais au-del&#224; de ces strat&#233;gies de d&#233;brouille, chacun reconna&#238;t assez facilement la n&#233;cessit&#233; d'avoir quelques rep&#232;res.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La fin d'une mystification ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La formation est un (m&#233;ta-) m&#233;tier &#233;mergeant avec une reconnaissance r&#233;cente dans certains secteurs, l'aide &#224; la jeunesse, l'&#233;ducation permanente, l'insertion socioprofessionnelle. L'exercice du m&#233;tier de formateur y est, en outre, balis&#233; par des conventions collectives de travail avec des d&#233;finitions de fonctions et de bar&#232;mes. Toutefois, l'absence d'un champ professionnel pr&#233;cis, organis&#233; en ordre de formateurs susceptible d'opposer une force suffisante &#224; d&#233;courager toute vell&#233;it&#233; d'abus ou de d&#233;rapage n&#233;cessite qu'on d&#233;finisse un cadre de travail.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce cadre de travail est balis&#233; entre autres par des fondements &#233;thiques, des r&#232;gles d&#233;ontologiques voire m&#234;me par une esth&#233;tique de la formation reconnaissant l&#224; l'existence d'un corps professionnel. Un code de bonne conduite voire un code de d&#233;ontologie ne nous d&#233;marquerait pas fondamentalement d'un code de d&#233;ontologie des formateurs issus du secteur marchand. Par contre, parler d'une &#233;thique sp&#233;cifique serait l&#224; une des sources de l&#233;gitimit&#233; de notre action et une ligne de d&#233;marcation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Nous devrons faire avec la fin d'une mystification, celle qui consiste &#224; croire et &#224; laisser penser que la profession toute enti&#232;re partage les m&#234;mes valeurs.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un postulat &#233;gal un n&#339;ud&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Se retrouvent donc autour de la table des professionnels susceptibles d'&#339;uvrer tant dans le social que dans le socioculturel, le m&#233;dical, les secteurs du non-marchand, voire pour certains d'exercer ce m&#233;tier dans le secteur marchand. Nous devrons nous mettre d'accord sur les distinctions que nous op&#233;rons, les sp&#233;cificit&#233;s auxquelles nous tenons ou partir d'un postulat, la formation transcende les logiques fondatrices, les enjeux, les pratiques de ces diff&#233;rents secteurs. Elle est le signe de l'&#233;mergence d'un champ nouveau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il s'agit en tous cas de s'attaquer &#224; des logiques parfois antagonistes, contradictoires, de m&#233;tiers voire de professions. Quoi qu'il en soit, &#224; ce stade-ci, nous pourrons nous tirer d'affaire avec le cumul des textes. En effet, bon nombre de formateurs sont par ailleurs assistants sociaux ou psychologues de profession initiale. Ils ont donc une d&#233;ontologie propre. D'autres interviennent dans le secteur de l'aide &#224; la jeunesse et composent avec le code de d&#233;ontologie de ce secteur. Quel sera le texte qui fera loi ? Une existence &#224; titre subsidiaire ? A terme, il s'agira donc d'op&#233;rer un choix, de pr&#233;ciser le champ et les modalit&#233;s d'application.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, rappelons qu'un code de d&#233;ontologie doit, pour avoir une valeur, &#234;tre assorti de sanctions administratives, disciplinaires ou p&#233;nales et de garanties donn&#233;es aux professionnels ; ces garanties faisant l'objet habituellement du dialogue social : employeurs, syndicats et associations professionnelles &#8230;Associations professionnelles ?&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Premiers constats&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt; [&lt;a href='#nb1' class='spip_note' rel='footnote' title='R&#233;colte de donn&#233;es aupr&#232;s de formateurs issus de secteurs et ayant eu des (...)' id='nh1'&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'absence d'un champ professionnel n&#233;cessite qu'on pr&#233;cise ce qu'est un formateur, un bon formateur, une bonne formation. Il n'existe pas aujourd'hui de code de d&#233;ontologie sp&#233;cifique au m&#233;tier de formateur en Communaut&#233; fran&#231;aise si ce n'est un code de d&#233;ontologie r&#233;gissant les relations professionnelles au sein d'une association des m&#233;tiers de la formation constitu&#233;e en asbl depuis le 19 juin 1997, &lt;a href='http://www.epsilon.be/' class='spip_out' rel='external'&gt;Epsilon&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le champ de la formation, si champ il y a, est occup&#233; par au moins deux corps professionnels d&#233;tenteurs d'un code de d&#233;ontologie, les assistants sociaux et les psychologues. Ces codes peuvent constituer une r&#233;f&#233;rence par d&#233;faut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'absence d'un ordre ou d'une commission de d&#233;ontologie ne permet pas d'avoir de recours en cas d'abus ou de d&#233;rapage. Seule la loi sur les contrats de travail et la jurisprudence peuvent semble-t-il faire r&#233;f&#233;rence. Rappelons que le formateur a donc une responsabilit&#233; professionnelle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des r&#232;gles juridiques, d&#233;ontologiques ne se suffisent pas &#224; elles-m&#234;mes si elles ne sont pas assorties d'un questionnement &#233;thique. Christian Vigouroux [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Ethique et formation, dans Actualit&#233; de la formation permanente, sept-oct. (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;] sugg&#232;re d&#232;s lors d'ouvrir r&#233;guli&#232;rement le d&#233;bat. Les formateurs y puiseront des &#233;l&#233;ments si pas de r&#233;ponse au moins de questionnement. Nous devons donc nous attaquer aux valeurs qui fondent notre intervention, aux repr&#233;sentations que nous avons du form&#233;, &#224; notre posture professionnelle, &#224; nos secrets de fabrication. Ce d&#233;tour &#224; la fois par le pourquoi, le pour quoi et pas seulement par le comment permet de clarifier davantage la nature, les limites, les finalit&#233;s d'une intervention et de s'entendre ou non sur ce qu'est ce m&#233;tier de formateur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Aux c&#244;t&#233;s de la n&#233;cessit&#233; de cet espace de d&#233;bat, il existe aussi, pour les professionnels, cet espace de construction de textes pouvant faire r&#233;f&#233;rence, en t&#233;moigne l'exp&#233;rience des assistants sociaux et plus r&#233;cemment des travailleurs du secteur de l'aide &#224; la jeunesse.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est vrai que ces balises naissent bien souvent de situations d'urgence professionnelle. Pour rappel, les travaux des professionnels de l'aide &#224; la jeunesse ont d&#233;but&#233; sur l'indignation de certains quant &#224; des perquisitions muscl&#233;es et la saisie abusive de dossiers de suivis de jeunes par des policiers bruxellois, d&#233;but des ann&#233;es nonante, violant l'intimit&#233; des jeunes au risque de mettre &#224; mal la relation de confiance &#233;tablie avec les travailleurs sociaux. Ces travaux ont &#233;t&#233; les pr&#233;misses du code de d&#233;ontologie adopt&#233; quelques ann&#233;es plus tard par le gouvernement de la Communaut&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le chantier est vaste. J'en conviens. Je reviendrai ici &#224; une d&#233;marche raisonnable, donner quelques rep&#232;res utiles.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Diff&#233;rence entre &#233;thique et d&#233;ontologie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Christian Vigouroux [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibidem.' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;] insiste sur la n&#233;cessit&#233; pour le formateur d'&#234;tre au clair sur son positionnement professionnel. &#171; L'&#233;thique correspond &#224; la recherche d'une juste mani&#232;re d'&#234;tre, &#224; la sagesse dans l'action. L'&#233;thique rel&#232;ve du facultatif alors que la d&#233;ontologie est, sinon toujours obligatoire, du moins sanctionnable. L'&#233;thique m&#232;ne &#224; l'interrogation identitaire d'une personne et aussi d'un m&#233;tier. La d&#233;ontologie est sociale, pratique et appuy&#233;e par le disciplinaire collectif &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si cette d&#233;finition a le m&#233;rite de baliser la r&#233;flexion, elle ne peut nous satisfaire. En effet, l'&#233;thique du formateur n'est pas facultative dans les m&#233;tiers qui ont &#224; voir avec l'humain. Le formateur a &#224; s'interroger notamment sur les rapports de pouvoir qui existent en situation de transmission d'un savoir, sur sa responsabilit&#233; dans l'accompagnement d'une &#233;quipe de professionnels de l'action sociale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Par ailleurs, la d&#233;ontologie suppose un corps social organis&#233; susceptible d'avoir les moyens de donner un caract&#232;re obligatoire. Retenons cependant que &#171; la d&#233;ontologie d&#233;crit les bonnes pratiques d&#233;finissant m&#234;me corr&#233;lativement la (supervision) formation. L'&#233;thique renvoie &#224; la qualit&#233; du questionnement qui est le fait de chaque (superviseur) formateur&#8230; Un code de d&#233;ontologie d&#233;finit l'ensemble des pratiques recommand&#233;es et acceptables. On d&#233;termine ainsi les contours de ce qu'est (la supervision collective) la formation et ce qui ne l'est pas. Cela d&#233;termine aussi les engagements respectifs qu'ont &#224; prendre les acteurs impliqu&#233;s dans (la supervision) la formation. En ce sens, il s'agit d'un code de d&#233;ontologie de (la supervision) la formation auquel les op&#233;rateurs de formation ou les formateurs auraient &#224; adh&#233;rer. Autre chose est l'&#233;thique du (superviseur) formateur. Celle-ci renvoie &#224; une exigence dans l'exercice de la fonction de (superviseur) formateur. En ce sens, il s'agit davantage de l'identification de bonnes questions [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Et non d'une liste de r&#233;ponses, &#171; la r&#233;ponse &#233;tant le malheur de la (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;] en regard de l'exercice de la fonction &#187; [&lt;a href='#nb5' class='spip_note' rel='footnote' title='Id&#233;es ma&#238;tresses issues d'un groupe de travail initi&#233; par (...)' id='nh5'&gt;5&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;La complexit&#233; de la t&#226;che&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; La complexit&#233; de la t&#226;che tient aussi aux multiples niveaux qu'il s'agit de prendre en compte. Prenons pour exemple la pratique observ&#233;e dans le chef des (superviseurs) formateurs de contractualiser les engagements respectifs des acteurs concern&#233;s par la (supervision) formation.
Au plan normatif, presque m&#233;thodologique, un guide des bonnes pratiques peut affirmer l'obligation de contractualiser les engagements et obligations. On peut aller jusqu'&#224; identifier les chapitres que devrait comporter un tel (voire de tels) contrat(s). Au plan d&#233;ontologique ou &#233;thique, il s'agirait de questionner cette pratique de contractualisation, afin de mettre au jour les fondements m&#234;mes au nom desquels on tient cette forme pour une n&#233;cessit&#233;. Au titre des distinctions, on soulignera aussi les obligations qui rel&#232;vent de la d&#233;ontologie de tout travailleur social, des services o&#249; il est susceptible de travailler et des obligations qui sont les siennes d&#232;s lors qu'il est formateur (superviseur) et dans l'exercice de cette fonction. On aura aussi &#224; distinguer, au moins, les aspects d&#233;ontologiques, &#233;thiques et juridiques &#187; [&lt;a href='#nb6' class='spip_note' rel='footnote' title='Ibidem.' id='nh6'&gt;6&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Si nous devions conclure&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'absence d'un champ professionnel pr&#233;cis, organis&#233; en ordre de formateurs n&#233;cessite qu'on d&#233;finisse un cadre de travail balis&#233; entre autres par des fondements &#233;thiques, des r&#232;gles d&#233;ontologiques assorties de r&#233;f&#233;rences juridiques, voire par une esth&#233;tique de la formation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un code de bonne conduite, voire un code de d&#233;ontologie, ne nous d&#233;marquerait pas fondamentalement d'un code de d&#233;ontologie des formateurs issus du monde marchand. Par contre, parler d'une &#233;thique sp&#233;cifique serait l&#224; une des sources de notre l&#233;gitimit&#233; et une ligne de d&#233;marcation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si un secteur tel que celui de l'&#233;ducation permanente &#233;tait amen&#233; &#224; d&#233;finir des r&#232;gles d&#233;ontologiques, il y aura au moins un premier choix &#224; faire : soit les lier &#224; une profession, et elles seraient d&#232;s lors applicables aux personnes, soit &#224; un secteur et d&#232;s lors, elles seraient applicables &#224; des services.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un code de d&#233;ontologie doit, pour avoir une valeur, &#234;tre assorti de sanctions administratives, disciplinaires ou p&#233;nales et de garanties donn&#233;es aux professionnels d'exercer leur m&#233;tier, ces garanties devant faire l'objet du dialogue social. Quoi qu'il en soit, &#224; ce stade-ci, nous pouvons nous r&#233;f&#233;rer aux textes pour ceux qui peuvent faire r&#233;f&#233;rence &#224; une d&#233;ontologie propre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Enfin, retenons que si la d&#233;ontologie d&#233;crit les bonnes pratiques, l'&#233;thique renvoie &#224; la qualit&#233; du questionnement qui est le fait de chaque formateur.
D&#232;s lors, nous pourrons tout au plus donner quelques rep&#232;res utiles sur le respect de l'intimit&#233;, l'&#339;uvre de formation dans un processus de formation r&#233;ciproque et de cr&#233;ation collective et enfin sur le paradoxe de l'&#233;crit rendant lisibles les pratiques et mettant en p&#233;ril le secret.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1' id='nb1' class='spip_note' title='Notes 1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] R&#233;colte de donn&#233;es aupr&#232;s de formateurs issus de secteurs et ayant eu des parcours professionnels diff&#233;rents, le Centre de formation des cadres culturels du &lt;a href='http://www.cesep.be/' class='spip_out' rel='external'&gt;Cesep&lt;/a&gt;, la &lt;a href='http://www.compagnonnage.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;Conf&#233;d&#233;ration compagnonnique des m&#233;tiers de services&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;Ethique et formation&lt;/i&gt;, dans Actualit&#233; de la formation permanente, sept-oct. 1997.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] Ibidem.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] Et non d'une liste de r&#233;ponses, &#171; la r&#233;ponse &#233;tant le malheur de la question &#187;, d'apr&#232;s Maurice Blanchot.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh5' id='nb5' class='spip_note' title='Notes 5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] Id&#233;es ma&#238;tresses issues d'un groupe de travail initi&#233; par l'APEF sur l'&#233;thique de la supervision collective en juin 2006.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;[&lt;a href='#nh6' id='nb6' class='spip_note' title='Notes 6' rev='footnote'&gt;6&lt;/a&gt;] Ibidem.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Reproduit du site du &lt;a href='http://cesep.be/' class='spip_out' rel='external'&gt;Cesep&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>03. Ethnie et corruption</title>
		<link>http://www.iteco.be/Ethnie-et-corruption</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.iteco.be/Ethnie-et-corruption</guid>
		<dc:date>2011-12-04T22:42:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Michela Wrong</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Le cas de John Gitongho au Kenya, &lt;i&gt;par Michela Wrong&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.iteco.be/-Ethique-et-developpement-" rel="directory"&gt;810. Ethique et d&#233;veloppement&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.iteco.be/var/www/iteco/www.iteco.be/local/cache-vignettes/L147xH150/arton605-0a4d4.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='147' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:147px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le cas de John Gitongho au Kenya, &lt;i&gt;par Michela Wrong&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis l'auteure de trois livres sur l'Afrique [&lt;a href='#nb1-1' class='spip_note' rel='footnote' title='In the Footsteps of Mr. Kurtz : Living on the Brink of Disaster in the (...)' id='nh1-1'&gt;1&lt;/a&gt;]. Avec les deux premiers, je me suis habitu&#233;e &#224; une certaine r&#233;currence des faits. J'&#233;crivais un livre, on le publiait, et j'en faisais la promotion &#224; la radio, &#224; la t&#233;l&#233;vision et &#224; l'une ou l'autre conf&#233;rence. Et apr&#232;s, entre trois et six mois plus tard, les demandes d'interview et invitations s'estompaient et j'avais le temps de commencer le suivant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce n'est pas ce qui est arriv&#233; avec mon dernier livre. Plus de deux ans apr&#232;s sa publication, on continue &#224; m'inviter pour en parler. Je ne peux pas dire que ce soit un hommage &#224; sa prose. Par contre, cela rend compte de l'universalit&#233; des sujets explor&#233;s dans le livre, et de comment beaucoup de personnes voient leurs propres dilemmes moraux quotidiens dans ceux du protagoniste, John Githongo, qui a donn&#233; en 2006 la voix d'alerte sur un scandale de corruption massive sous la coupole du gouvernement kenyan.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Des gens provenant des quatre coins d'Afrique m'&#233;crivaient des mails ou m'ajoutaient sur Facebook. &#171; Il suffit de changer les noms pour se rendre compte qu'il s'agit de nous dont on parle &#187;, disent les lecteurs de Soudan, Zambie, Malawi, Nig&#233;ria et Zimbabwe. Mais les messages ne provenaient pas seulement du continent africain car la situation d&#233;crite dans les pages du livre n'est pas exclusivement africaine. J'ai eu vent de Malaisiens, Bangladeshis et Croates. &#171; C'est ma soci&#233;t&#233; qui y est d&#233;crite &#187;, affirment-ils.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Et maintenant le printemps arabe apporte toute une s&#233;rie d'&#233;chos. L'indignation due aux syst&#232;mes corrompus de l'&#201;tat et le m&#233;pris pour les &#233;lites qui en b&#233;n&#233;ficient est l'un des facteurs qui ont amen&#233; les jeunes &#224; se jeter aux rues et places d'&#201;gypte, de la Tunisie et la Syrie. Ce qui est en train de se passer au Maghreb et dans le Proche Orient illustre un des points cl&#233;s que je soutiens dans ce livre, le fait que la corruption - qui, trop de fois, est &#233;cart&#233;e par les experts en d&#233;veloppement parce que consid&#233;r&#233;e comme quelque chose de banal et manquant d'int&#233;r&#234;t - fait plus de d&#233;g&#226;ts que le seul fait de corroder les fondements de l'&#233;conomie d'un pays. Si on reste trop de temps sans rien faire, cela peut mener &#224; la violente implosion d'un pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;John Githongo a commenc&#233; &#224; travailler en tant que chroniqueur dans une revue et il s'est par la suite reconverti en directeur de la d&#233;l&#233;gation au Kenya de Transparence Internationale, l'organisation anticorruption. Quand l'opposition a gagn&#233; les &#233;lections de 2002, John a &#233;t&#233; nomm&#233; tsar de l'anticorruption par le nouveau pr&#233;sident, Mwai Kibaki. L'opposition avait gagn&#233; les comices avec la promesse de balayer la corruption ayant dur&#233; 24 ans sous Daniel Arap Moi. Les Kenyans euphoriques ont affirm&#233; qu'il &#233;tait temps d'&#233;radiquer la culture du &lt;i&gt;kitu kidogo&lt;/i&gt;, par laquelle chaque transaction officielle requiert le paiement d'un &#171; petit d&#233;tail &#187;, qui se compte en millions de dollars pour les niveaux sup&#233;rieurs du gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'une des grandes d&#233;cisions que John a rapidement d&#251; prendre &#233;tait celle de savoir si son travail allait &#234;tre ethniquement sensible. John &#233;tait kikuyu, faisant partie de la m&#234;me communaut&#233; ethnique que Kibaki. Son p&#232;re a recueilli des fonds politiques pour Kibaki, et il provient du m&#234;me petit cercle social ais&#233;. John savait que ce qui existe au Kenya est un syst&#232;me rotatif d'&#233;lites tribales qui savent que le fait de contr&#244;ler la pr&#233;sidence, un minist&#232;re capital ou une entreprise para&#233;tatique, leur donne le droit de manger.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Manger &#187; est un euph&#233;misme magnifique pour &#171; se gaver aux d&#233;pens du public &#187;. Tout grand homme politique dit &#224; sa communaut&#233; ethnique : &#171; Votez pour moi, et je donnerai un emploi &#224; nos enfants, des contrats &#224; nos entrepreneurs et investirai dans notre district, sans tenir compte du m&#233;rite ou de l'exp&#233;rience. Et si je grossis, ou si vous me voyez acheter des voitures magnifiques et construire de grandes villas, ou si vous voyez ma femme et mes filles allant faire les boutiques &#224; Manhattan et Londres, faites semblant de n'avoir rien vu. Parce que tout cela fait partie du proc&#233;d&#233;. La v&#233;rit&#233; est que je suis en train de voler pour nous tous &#187;. Tout cela rel&#232;ve de l'avarice personnelle d&#233;guis&#233;e en devoir civique, de noble service envers la tribu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans les soci&#233;t&#233;s africaines dans lesquelles j'ai v&#233;cu, les &#171; nous &#187; favoris&#233;s et &#171; ils &#187; m&#233;pris&#233;s qui vont &#234;tre escroqu&#233;s et ignor&#233;s sous cet accord, sont d&#233;finis par l'ethnie. C'est un fait enracin&#233; dans l'histoire africaine des &#233;tats-nations r&#233;cents ; par exemple, le Kenya a acquis son ind&#233;pendance seulement depuis 1963. Mais les m&#234;mes patrons de comportement se r&#233;p&#232;tent dans tout le monde, avec diff&#233;rents crit&#232;res d&#233;terminants pour les &#171; nous &#187; et &#171; ils &#187;. Dans un pays comme le Liban, l'application de la philosophie du &quot;c'est &#224; notre tour de manger&quot; pourrait se baser sur le fait de savoir si l'on est chr&#233;tien ou musulman, par exemple, ou en Irlande du Nord, protestant ou catholique, et au Bangladesh, on me dit que le facteur d&#233;cisif est l'appartenance &#224; un clan. C'est un jeu de somme nulle, dans lequel les opportunit&#233;s de survie de l'individu ne d&#233;pendent pas de ses qualit&#233;s, son intelligence ou son travail, mais de savoir s'il appartient ou non au cercle favoris&#233;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Un milliard pour les kikuyus&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s t&#244;t s'est pr&#233;sent&#233;e &#224; John Githongo une situation qui l'affectait directement sur le plan personnel et de ses croyances. Il a commenc&#233; &#224; avoir des pistes s&#233;rieuses &#224; propos d'un nouveau scandale de contrats tram&#233; par des ministres et impliquant dix-huit contrats militaires et de s&#233;curit&#233; d'une valeur de pr&#232;s d'un milliard de dollars. C'&#233;tait assez facile de promettre d'enqu&#234;ter sur les escroqueries commises par Arap Moi, d'ethnie kalenjin. Mais est-ce que John, un kikuyu travaillant pour un pr&#233;sident kikuyu dans un r&#233;gime domin&#233; par les kikuyus, montrerait-il le m&#234;me enthousiasme apr&#232;s avoir enqu&#234;t&#233; sur ses propres gens ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La situation difficile &#224; laquelle il faisait face est la m&#234;me qu'affrontent des millions de fonctionnaires et de travailleurs dans les entreprises chaque jour : faire semblant de ne rien voir et se comporter comme leurs compagnons l'esp&#232;rent, ou faire le travail pour lequel ils ont r&#233;ellement pay&#233;s. Il avait tous les motifs pour garder silence : un bon travail, une jolie maison, quelques b&#233;n&#233;fices d&#233;cents, une famille qui voulait une vie tranquille et une fianc&#233;e qui esp&#233;rait se marier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Etonnamment, John n'a pas seulement choisi d'exclure les ministres de la plus grande confiance de Kibaki : il a fait d'eux son objectif particulier. Cela s'explique en partie par ce qu'il &#233;tait : un Kenyan profond&#233;ment moral, avec un sens religieux &#233;lev&#233;, urbain et cosmopolite, qui croyait en un &#201;tat de droit non tribal. Il d&#233;testait la phrase &#171; C'est &#224; notre tour de manger &#187;. Il se consid&#233;rait lui-m&#234;me kenyan en premier lieu, chr&#233;tien en deuxi&#232;me lieu, et kikuyu en troisi&#232;me. Quand les ministres lui ont impos&#233; le silence au nom de sa communaut&#233;, ils pervertissaient selon lui le propre concept d'orgueil ethnique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il a fait quelque chose d'inacceptable aux yeux de plusieurs de ses coll&#232;gues kikuyu en enregistrant secr&#232;tement les conversations des ministres impliqu&#233;s dans le cas Anglo Leasing, &#233;tant donn&#233; qu'on a fini par conna&#238;tre les dix-huit contrats mafieux. Il a fini par fuir le Kenya, quand il s'est rendu compte que Kibaki n'&#233;tait pas plus int&#233;ress&#233; de lutter contre la corruption que l'&#233;taient ses ministres. Il s'est cach&#233; &#224; Londres - dans mon appartement, entre autres - et &#224; la fin, en ayant r&#233;fl&#233;chi &#224; la question pendant une longue ann&#233;e agonisante, a d&#233;voil&#233; tout le mat&#233;riel enregistr&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'objet de mon livre n'&#233;tait pas simplement d'attaquer un groupe corrompu de ministres du gouvernement et un pr&#233;sident complaisant. Ma cible &#233;taient &#233;galement les gouvernements occidentaux donateurs et les entit&#233;s financi&#232;res internationales comme le Fonds mon&#233;taire international et la Banque mondiale qui minimisent syst&#233;matiquement l'importance de la corruption en incluant ce dysfonctionnement dans leurs propres param&#232;tres. Ils minimisent, en faisant semblant de ne pas voir, et par l&#224;, ils se convertissent en complices de quelques &#233;lites politiques qui pillent syst&#233;matiquement l'Etat, un Etat qui est suppos&#233; &#234;tre renforc&#233; gr&#226;ce &#224; leurs aides.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Peut-&#234;tre qu'ils vont le faire avec la meilleure des intentions &#8211; cela prend du temps, c'est co&#251;teux et compliqu&#233; de pr&#233;venir les &#171; fuites &#187;, comme les &#233;conomistes appellent d&#233;licatement la corruption - mais le r&#233;sultat est une trahison tant aux contribuables en Occident qui financent l'aide internationale, comme aux citoyens africains qui en b&#233;n&#233;ficient, mais qui le font rarement. Le probl&#232;me n'est pas seulement la perte d'argent. Le type de corruption dont je parle est &#233;norm&#233;ment d&#233;stabilisateur, parce que de grands secteurs de la population comprennent qu'ils sont marginalis&#233;s et, de plus en plus, ils inculpent le groupe favoris&#233; de leurs probl&#232;mes. La rivalit&#233; devient toxique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le cas du Kenya, le pays a entrepris ses &#233;lections de 2007-2008 avec une hostilit&#233; entre ses grands blocs ethniques &#224; un niveau sans pr&#233;c&#233;dents. Les autres tribus du pays ont fini par se convaincre du fait que les kikuyu &#233;taient en train de truquer les &#233;l&#233;ctions pour manger ind&#233;finiment. Le nettoyage ethnique qui a suivi a laiss&#233; 1.500 morts et a donn&#233; lieu &#224; des centaines de milliers de r&#233;fugi&#233;s internes. C'&#233;taient les &#233;lections les plus violentes de l'histoire du Kenya et le pays a fr&#244;l&#233; un coup militaire et la guerre civile.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces blessures sont en voie de gu&#233;rison. Plusieurs craignent que les prochaines &#233;lections, qui auront lieu en 2012, laissent place &#224; un autre conflit avec des effusions de sang, comme revanche aux violations, meurtres et expulsions des fermes de cinq ans auparavant. John Githongo, qui est maintenant de retour au Kenya et travaille dans le secteur non gouvernemental, dit que le pillage de la coupole du gouvernement transitoire a une ampleur gigantesque, puisque tous les partis politiques pr&#233;parent leurs armes de guerre. Mais il y a une diff&#233;rence par rapport au pass&#233;. Un changement de perception g&#233;n&#233;ralis&#233; s'est produit entre le public commun, et il se peut dans l'&#233;lite aussi. Un processus agonisant g&#233;n&#233;ralis&#233; a lieu en examen de conscience. La corruption est vue comme absolument intrins&#232;que aux probl&#232;mes du pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;N&#233;anmoins, il faut faire attention aux g&#233;n&#233;ralisations. La tentation de voir des similitudes g&#233;n&#233;ralis&#233;es entre des soci&#233;t&#233;s radicalement diff&#233;rentes peut &#234;tre la cause de malentendus, como le cas lybien par exemple. Je crois cependant que certains traits g&#233;n&#233;raux d&#233;coulent de l'histoire de John Githongo.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier consiste dans le fait que la corruption grimpante r&#233;side dans le sens du droit. Dans le cas du Kenya, l'&#233;lite kikuyu &#233;tait convaincue du fait qu'elle avait le droit de diriger le pays. Le p&#232;re fondateur du Kenya moderne, Jomo Kenyatta, &#233;tait kikuyu. La communaut&#233; a &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; s'exposer au capitalisme occidental et a adopt&#233; la modernit&#233; avec beaucoup de d&#233;termination, en l'assimilant plus rapidement que les autres et en se convertissant en groupe &#233;conomiquement dominant. Apr&#232;s, elle a &#233;t&#233; mise &#224; l'&#233;cart du pouvoir par un pr&#233;sident kalenjin pendant 24 ans. On sentait que c'&#233;tait moralement justifi&#233; par la r&#233;cup&#233;ration des ann&#233;es perdues. Plus de temps passe un groupe dans l'hostilit&#233;, plus le sens du droit acquiert une certaine intensit&#233;, et plus avaricieux est le r&#233;gime qui le suit. Un cercle vicieux de marginalisation et quelques formes extravagantes de pillage ont lieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une autre le&#231;on importante est l'exemple personnel. Nous adaptons tous notre conduite en fonction de ceux qui sont au-dessus de nous, et particuli&#232;rement en fonction de la personne qui se situe dans le haut de la pyramide. Si le pr&#233;sident dit - comme cela s'est pass&#233; au Za&#239;re avec Mobutu Sese Seko - qu'il est acceptable de &#171; voler un peu &#187;, on agit en cons&#233;quence. Si, au contraire, le pr&#233;sident est Nelson Mandela, on essayera d'accomplir un id&#233;al plus &#233;lev&#233;. L'histoire de John Githongo n'est pas importante pour son r&#233;sultat final &#8211; personne n'a &#233;t&#233; condamn&#233; ou emprisonn&#233; par Anglo Leasing-, mais parce qu'il a donn&#233; aux Africains un nouveau et &#233;mouvant mod&#232;le &#224; suivre. C'&#233;tait la premi&#232;re fois dans l'histoire africaine qu'un fonctionnaire de cette envergure et importance ait d&#233;cid&#233; d'ob&#233;ir &#224; sa conscience au lieu de continuer le jeu. A l'avenir, d'autres examineront son cas et penseront : &#171; John Githongo l'a fait, et il a surv&#233;cu. C'est possible &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une autre le&#231;on consiste en ce que la cr&#233;ation de commissions et d'unit&#233;s anticorruption, promue de fa&#231;on enthousiaste dans le pass&#233; par les nations occidentales des donateurs, n'est pas la r&#233;ponse. Avec leurs m&#233;thodologies verticales, lesdites institutions sont facilement coopt&#233;es et diminu&#233;es par les personnes de pouvoir. En Afrique du Sud, l'unit&#233; Scorpion s'est dissoute. Au Kenya, la Commission anticorruption s'est d&#233;montr&#233;e faire partie du probl&#232;me au cours de l'Anglo Leasing. Au Sierra Leone, une s&#233;rie de chefs anticorruption sont entr&#233;s et sortis. &#201;loquemment, John Githongo centre maintenant ses &#233;nergies &#224; mobiliser les bases, par la t&#226;che consciencieuse consistant &#224; montrer aux gens comment ils peuvent demander &#224; leurs conseillers et d&#233;put&#233;s de rendre des comptes &#224; un niveau local.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La lutte contre la corruption se r&#233;duit &#224; un travail ennuyeux et laborieux : en renfor&#231;ant l'ind&#233;pendance judiciaire, en &#233;tablissant l'int&#233;grit&#233; du bureau du procureur, en nettoyant les forces de police et en renfor&#231;ant le Parlement. C'est un travail qui dure depuis des d&#233;cennies, mais il n'y a pas de rem&#232;de magique ni de raccourcis. C'est un travail dur, mais c'est toujours le cas lorsqu'il s'agit de changer le comportement humain. Et ce ne sont pas des personnes &#233;trang&#232;res qui feront le travail, cela &#233;manera des citoyens d&#233;cidant de rejeter la philosophie du manger des vieux, parce qu'ils sont assoiff&#233;s de changement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comme nous l'a rappel&#233; le printemps arabe, la r&#233;volution est un produit domestique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;[&lt;a href='#nh1-1' id='nb1-1' class='spip_note' title='Notes 1-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;i&gt;In the Footsteps of Mr. Kurtz : Living on the Brink of Disaster in the Congo&lt;/i&gt;. HarperCollins, 2001. &lt;i&gt;I Didn't Do It for You : How the World Betrayed a Small African Nation&lt;/i&gt;. HarperCollins, 2005. &lt;i&gt;It's Our Turn to Eat : The Story of a Kenyan Whistle-Blower&lt;/i&gt;. Harper, 2009&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Traduit de l'anglais [The case of John Githongo and Kenya&lt;&lt;a href='http://www.fronterad.com/img/nro87/michela_wrong_article.pdf' class='spip_out' rel='nofollow external'&gt;http://www.fronterad.com/img/nro87/...&lt;/a&gt;] par Daniel de la Fuente.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>02. Je fais ou je ne fais pas</title>
		<link>http://www.iteco.be/Je-fais-ou-je-ne-fais-pas</link>
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		<dc:date>2011-12-04T22:40:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonio de la Fuente, Chafik Allal</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;Un exercice d'&#233;thique appliqu&#233;e, &lt;i&gt;par Chafik Allal et Antonio de la Fuente&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.iteco.be/-Ethique-et-developpement-" rel="directory"&gt;810. Ethique et d&#233;veloppement&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.iteco.be/var/www/iteco/www.iteco.be/local/cache-vignettes/L150xH117/arton599-e98f6.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='150' height='117' class='spip_logos' style='height:117px;width:150px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un exercice d'&#233;thique appliqu&#233;e, &lt;i&gt;par Chafik Allal et Antonio de la Fuente&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Origine&lt;/strong&gt; : ITECO.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Objectifs&lt;/strong&gt; : Exp&#233;rimenter des situations o&#249; la dimension &#233;thique est sollicit&#233;e dans le cadre de rapports professionnels et de la vie quotidienne. Expliciter les raisons qui fondent des choix personnels, se confronter aux choix d'autrui, n&#233;gocier, convaincre, se laisser convaincre.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dur&#233;e de l'activit&#233;&lt;/strong&gt; : Variable, en fonction de la taille du groupe, du nombre de situations propos&#233;es et de la place accord&#233;e au d&#233;bat qui suit la pr&#233;sentation des situations. Une heure est un minimum ; deux heures, une bonne moyenne.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Espace&lt;/strong&gt; : Une salle contenant un espace central vide.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;roulement&lt;/strong&gt; : L'animateur pr&#233;sente l'ensemble de l'exercice et v&#233;rifie que la pr&#233;sentation a &#233;t&#233; bien comprise. Il pr&#233;sente alors une premi&#232;re situation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s cette pr&#233;sentation, il demande aux participants de se d&#233;terminer : Vous faites ou vous ne faites pas comme le sujet de la situation pr&#233;sent&#233;e ? Les participants qui disent &#171; je fais &#187; vont vers un c&#244;t&#233; de la salle ; ceux qui disent &#171; je ne fais pas &#187; vont vers le c&#244;t&#233; oppos&#233;. Ceux qui h&#233;sitent ou ne sont pas pr&#234;ts &#224; se d&#233;terminer vont vers un troisi&#232;me cot&#233; de la salle.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un premier participant s'exprime sur les raisons pour lesquelles il ferait comme l'acteur de la situation. Puis, c'est le tour d'un participant qui ne ferait pas comme l'acteur de la situation. Et ainsi de suite, &#224; tour de r&#244;le, tous ceux qui sont pour et contre s'expriment. Une fois qu'on a fini ce premier tour d'expression, l'animateur demande aux ind&#233;cis s'ils se sont &#224; pr&#233;sent forg&#233; une opinion. Si tel est le cas, ils peuvent rejoindre le groupe repr&#233;sentant leur opinion et s'exprimer &#224; tour de r&#244;le.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s ce premier tour d'opinions, si la question semble &#233;puis&#233;e l'animateur peut tenter une synth&#232;se. Si le d&#233;bat est encore en cours, il peut ouvrir un deuxi&#232;me et dernier tour d'opinions, cette fois-ci sur base des opinions non encore formul&#233;es. Apr&#232;s quoi, la synth&#232;se sera faite.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Apr&#232;s une pause, on peut passer &#224; la situation suivante et ainsi de suite jusqu'&#224; la synth&#232;se finale. Cet exercice peut se faire de mani&#232;re autonome ou peut pr&#233;c&#233;der ou suivre une autre activit&#233;, comme le visionnement d'un document audiovisuel ou la tenue d'une conf&#233;rence.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt;Je fais / Tu ne fais pas&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;1.	Vous travaillez pour Prospecteurs sans fronti&#232;res. Vous prospectez en vue de trouver de l'eau pour un village sah&#233;lien qui en manque cruellement. Le seul endroit o&#249; il semble qu'il y ait de l'eau est le cimeti&#232;re des anc&#234;tres. Vous creusez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;2.	Vous travaillez pour la F&#233;d&#233;ration nationale paysanne, constitu&#233;e en association. Vous apprenez qu'une jeune permanente de l'association a pos&#233; pour la couverture de la version locale de Playboy avec une casquette de la f&#233;d&#233;ration paysanne comme seul attribut. Vous la licenciez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;3.	Vous organisez un voyage vers un pays du Sud pour un groupe de jeunes. Quelques jours avant le d&#233;part, vous faites une r&#233;union de pr&#233;paration avec les jeunes au si&#232;ge de votre association. Un jeune vole de l'argent dans la caisse. Vous voulez l'exclure du voyage mais l'animateur du groupe de jeunes s'y oppose. Vous vous pliez et le jeune fait partie du voyage.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;4.	Le comptable de votre ONG se trompe et verse un grosse somme d'argent non &#224; l'ONG du Sud &#224; qui l'argent est destin&#233; mais bien &#224; un ancien dirigeant de cette ONG. Vu l'enjeu, vous prenez contact directement avec la personne en question et parvenez &#224; r&#233;cup&#233;rer l'argent sans passer par l'ONG du Sud, qui se sent &#233;cart&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;5.	Vous travaillez pour une ONG humanitaire en Afrique centrale. Votre mission s'ach&#232;ve et vous vous rendez &#224; l'a&#233;roport pour rentrer en Europe. Un enfant traverse intempestivement la route et vous le renversez. Un code non &#233;crit circule entre les expatri&#233;s et dit que dans des cas comme celui-ci le risque d'&#234;tre lynch&#233; par la foule est grand et qu'il vaut mieux ne pas attendre sur place. Vous partez et fuyez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;6.	Vous organisez un voyage vers un pays du Sud pour un groupe de jeunes d'origine populaire. Vous obtenez un peu moins du financement n&#233;cessaire mais d&#233;cidez de faire le voyage malgr&#233; tout. Vous arrivez &#224; l'a&#233;roport et au comptoir d'enregistrement, on vous fait savoir que l'avion est en overbooking et que vous ne pourrez voyager que le lendemain. En guise de compensation, la compagnie versera 250 euros par personne. Les jeunes sautent de joie &#224; l'id&#233;e de recevoir chacun 250 euros. En m&#234;me temps, la somme totale est exactement la somme qui manque au budget du projet. Vous dites aux jeunes que l'argent, ce n'est pas pour eux mais pour le projet.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;7.	Vous &#234;tes fonctionnaire d'une administration nationale de coop&#233;ration au d&#233;veloppement en Europe. On vous propose un projet qui consiste &#224; envoyer des jeunes europ&#233;ens ayant commis des vols et des agressions - pour lesquels ils ont &#233;t&#233; condamn&#233;s par la justice - faire un s&#233;jour de r&#233;&#233;ducation dans des villages africains. Vous acceptez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;8.	Avec un groupe d'amis, vous sortez en bo&#238;te. A l'entr&#233;e de celle-ci, le sorteur refuse l'acc&#232;s &#224; une personne de couleur. Vous entrez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;9. Vous &#234;tes coop&#233;rant pour une ONG du Nord comme responsable de projet dans un pays du Sud. L'ONG du Nord est tenue de r&#233;duire les d&#233;penses &#224; partir de la deuxi&#232;me ann&#233;e. Les responsables de cette ONG insistent aupr&#232;s de vous pour r&#233;silier les contrats d'assurance et de couverture sociale du personnel local avec l'argument qu'il vaut mieux garder le projet avec du personnel non couvert que de prendre le risque de perdre tous les subsides quelques ann&#233;es apr&#232;s. Vous vous ex&#233;cutez.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;10. Vous voulez d&#233;velopper un projet en Inde. Pour r&#233;colter des fonds, vous proposez aux populations locales de faire un film sur eux et des photos que vous allez utiliser comme supports de la campagne de r&#233;colte de fonds. Une fois le travail achev&#233;, vous montrez les photos et les films aux locaux. Ceux-ci se dissent extr&#234;mement d&#233;&#231;us et humili&#233;s de votre regard sur eux. Vous passez outre et faites malgr&#233; tout campagne en Europe.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;11. Vous &#234;tes dans un pays du Sud pour un petit travail de recherche sur le th&#232;me de la sant&#233;. Vous allez avec vos interlocuteurs locaux visiter un h&#244;pital de campagne. Une fois &#224; l'int&#233;rieur, vous &#234;tes &#233;branl&#233; par les conditions d'hygi&#232;ne et de prise en charge des malades, que vous jugez scandaleuses et &#224; la limite de l'inhumanit&#233;. Devant tant d'impuissance, vous vous dites que la seule mani&#232;re de vous en sortir et de les aider &#233;ventuellement est de t&#233;moigner. Vous sortez votre appareil photo, vous vous appr&#234;tez &#224; appuyer, quand, soudain, quelqu'un vous tape sur l'&#233;paule et vous dit : &#171; On n'est pas dans un zoo ici ! &#187;. Vous sortez de la salle et cherchez des fa&#231;ons plus discr&#232;tes de faire des photos.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;12. Vous arrivez comme coop&#233;rant dans un pays d'Afrique. Tout vous porte pour aller vers une sorte de r&#233;ciprocit&#233; asym&#233;trique la plus &#233;galitaire possible. D&#232;s que vous voulez vous installer, vos coll&#232;gues et amis vous proposent des maisons &#224; louer dans le quartier des expatri&#233;s et du personnel (femme de m&#233;nage, cuisini&#232;re, chauffeur, jardinier, gardien) &#224; embaucher. Vous r&#233;sistez mais on vous explique que c'est pour leur bien car cela cr&#233;e de l'emploi et ils ne vous respecteront que si vous faites quelque chose de similaire pour eux. Vous finissez par accepter.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;13. Vous &#234;tes coop&#233;rant dans un projet sur la bonne gouvernance dans un pays du Sud gangren&#233; par la corruption. A votre premier d&#233;placement hors de la capitale, vous &#234;tes arr&#234;t&#233;s par un barrage de milice de quatre personnes qui vous demandent de l'argent pour passer. Vous r&#233;sistez. Ils vous expliquent que si vous ne payez rien, ils garderont la voiture. Vous refusez de payer.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;14. Vous &#234;tes une coop&#233;rante travaillant dans un projet d'&#233;galit&#233; femmes-hommes dans un pays du Sud o&#249; la soci&#233;t&#233; passe par une phase de conservatisme fort. Vous passez devant un attroupement. Une femme est frapp&#233;e publiquement par son mari, encourag&#233; par un groupe de sages du village et un groupe de femmes. Vous voulez comprendre. On vous dit : &#171; Bien fait pour elle ; elle n'avait qu'&#224; ob&#233;ir &#224; son mari et &#233;duquer les enfants selon nos valeurs &#187;. Vous &#234;tes sonn&#233;e, vous quittez l'attroupement, vous allez directement au bureau, vous &#233;crivez un message sur Facebook, vous faites circuler un mail de p&#233;tition et vous envoyez un courrier au minist&#232;re du pays o&#249; vous &#234;tes pour protester contre la violence faite &#224; cette femme.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette liste n'est pas exhaustive et elle se r&#233;f&#232;re particuli&#232;rement &#224; des activit&#233;s autour de la coop&#233;ration au d&#233;veloppement et de l'action sociale. L'animateur peut, bien entendu, pr&#233;senter d'autres situations plus en phase avec le contenu de l'animation envisag&#233;e s'il le souhaite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>01. Pr&#233;sentation</title>
		<link>http://www.iteco.be/Presentation,612</link>
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		<dc:date>2011-12-04T22:39:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonio de la Fuente</dc:creator>



		<description>&lt;p&gt;L'&#233;thique et les quarante serpents, &lt;i&gt;par Antonio de la Fuente&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://www.iteco.be/-Ethique-et-developpement-" rel="directory"&gt;810. Ethique et d&#233;veloppement&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src=&quot;http://www.iteco.be/var/www/iteco/www.iteco.be/local/cache-vignettes/L110xH150/arton612-ed5ab.png&quot; alt=&quot;&quot; align=&quot;right&quot; width='110' height='150' class='spip_logos' style='height:150px;width:110px;' /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;thique et les quarante serpents, &lt;i&gt;par Antonio de la Fuente&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des paysans indiens, qui ne supportaient plus de devoir verser des pots de vin, ont vid&#233; trois sacs contenant une quarantaine de serpents dans un centre de collecte d'imp&#244;ts de l'Etat d'Uttar Pradesh, au Nord de l'Inde. Les fermiers avaient demand&#233; &#224; consulter les registres fiscaux de leurs terrains, mais les agents des imp&#244;ts les ont fait attendre des semaines en exigeant des bakchichs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cela peut nous para&#238;tre &#233;vident de consid&#233;rer que les fonctionnaires en question manquent d'&#233;thique en agissant de la sorte. Peut-on dire autant des ces paysans exc&#233;d&#233;s ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'&#233;thique, explique le philosophe espagnol Fernando Savater, dans un livre &#224; mettre entre toutes les mains, &lt;i&gt;Ethique &#224; l'usage de mon fils&lt;/i&gt;, l'&#233;thique n'est rien de plus que l'effort rationnel pour savoir comment agir au mieux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le cas d&#233;crit de la confrontation entre fonctionnaires v&#233;reux et paysans exc&#233;d&#233;s, il s'agit de s'interroger sur le bien fond&#233; des d&#233;marches de chacun, en rapport &#224; leur propre &#233;thique ainsi qu'&#224; la n&#244;tre puisque nous sommes en train de l'analyser.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est dans cet esprit que nous vous proposons l'exercice &lt;i&gt;Je fais ou je ne fais pas&lt;/i&gt; qui ouvre ces pages, ainsi que l'ensemble de textes contenus dans cette &#233;dition d'Antipodes. C'est sur tous les terrains, personnels et professionnels, que nous sommes constamment confront&#233;s &#224; la question de comment agir au mieux, &#224; la base de toute interrogation &#233;thique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Comment agir individuellement, mais aussi de mani&#232;re collective : Faut-il produire et vendre des armes sous pr&#233;texte que, si ce n'est pas nous, ce sera un autre qui le fera ? Faut-il se plier devant l'imposition d'une langue unique en mati&#232;re d'&#233;changes internationaux ? Quel est le degr&#233; d'in&#233;galit&#233; qu'une communaut&#233; peut tol&#233;rer ? Et quel degr&#233; de libert&#233; d'expression, de d&#233;veloppement, d'&#233;mancipation faut-il promouvoir ?&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Faut-il accepter l'utilisation des enfants comme app&#226;t publicitaire ? Peut-on filmer la souffrance humaine et l'exhiber ? Quid de la souffrance inflig&#233;e aux animaux ? Voil&#224; quelques questions qui probablement nous interpellent pour ne pas &#233;voquer tant d'autres soulev&#233;es par les d&#233;couvertes scientifiques et leurs applications.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il est peut-&#234;tre utile d'expliciter les diff&#233;rences entre morale, &#233;thique et d&#233;ontologie. Le mot morale du point de vue de l'&#233;tymologie est en rapport avec les moeurs &#233;tant donn&#233; qu'il d&#233;rive du mot latin &lt;i&gt;mores&lt;/i&gt;, ainsi qu'avec les ordres. Si n&#233;anmoins nous voulons approfondir dans la vraie morale, si nous voulons savoir comment faire bon usage de la libert&#233; dont nous disposons, nous dit Savater, il vaut mieux savoir que l'&#233;thique n'a rien &#224; voir avec le b&#226;ton et la carotte qui nous montrent l'autorit&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Si la morale est l'ensemble de normes et de comportements accept&#233;s comme valables, l'&#233;thique est la r&#233;flexion sur les raisons que nous avons de les consid&#233;rer comme valables et la comparaison avec d'autres morales alternatives, explique encore Savater. La d&#233;ontologie, enfin, recouvre les dimensions &#233;thiques et morales en relation avec les comportements &#224; adopter et &#224; &#233;viter dans l'exercice d'une profession.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Un professionnel de l'aide sociale et de la coop&#233;ration au d&#233;veloppement doit se confronter &#224; des questions semblables &#224; celles que nous abordons dans les quatorze situations de l'exercice &lt;i&gt;Je fais ou je ne fais pas&lt;/i&gt; issues toutes d'exp&#233;riences de terrain, ainsi que plus largement &#224; d'autres trait&#233;es dans ces pages telles que la corruption, le micro-cr&#233;dit, l'&#233;thique du formateur, l'usage des images, la calomnie.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ces situations n'&#233;puisent &#233;videmment pas l'espace de l'&#233;thique appliqu&#233;e au d&#233;veloppement et &#224; l'action sociale. Celui-ci est par d&#233;finition, comme tout espace de l'activit&#233; humaine, changeant et in&#233;puisable. Cependant, comme le dit bien Fernando Savater, &#171; l'&#233;thique n'aide &#224; fermer aucun d&#233;bat mais elle sert &#224; les ouvrir tous &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Pour revenir &#224; nos serpents du d&#233;part, ils se trouvaient dans la t&#234;te de la belle M&#233;duse, entre-m&#234;l&#233;s &#224; ses cheveux, d'apr&#232;s la mythologie grecque. Pers&#233;e devait se d&#233;barrasser de M&#233;duse et de ses serpents mais le regard de celle-ci p&#233;trifiait ceux qu'il atteignait. Mais Pers&#233;e a trouv&#233; la bonne strat&#233;gie en regardant dans son bouclier-miroir pour trouver M&#233;duse et lui trancher la t&#234;te.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Bonne lecture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>010. Les auteurs</title>
		<link>http://www.iteco.be/Les-auteurs,604</link>
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		<dc:date>2011-11-18T15:29:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



		<description>Martine Simonis est secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de l'Association des journalistes professionnels. Andr&#233; Linard est secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du Conseil de d&#233;ontologie journalistique. Otman Louaret est sociologue. Charlotte Chatelle est anthropologue. Chafik Allal, Jean Claude Mullens et Antonio de la Fuente travaillent &#224; ITECO.

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&lt;a href="http://www.iteco.be/-Medias-traitement-de-la-diversite-" rel="directory"&gt;811. M&#233;dias, traitement de la diversit&#233; et diversit&#233; de traitement&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Martine Simonis est secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de l'&lt;a href='http://www.ajp.be/' class='spip_out' rel='external'&gt;Association des journalistes professionnels&lt;/a&gt;. Andr&#233; Linard est secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du &lt;a href='http://www.deontologiejournalistique.be/' class='spip_out' rel='external'&gt;Conseil de d&#233;ontologie journalistique&lt;/a&gt;. Otman Louaret est sociologue. Charlotte Chatelle est anthropologue. Chafik Allal, Jean Claude Mullens et Antonio de la Fuente travaillent &#224; ITECO.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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