6 novembre 2006 2006

A quoi bon les enfermer

En résumé, mon épouse et moi-même sommes parrain et marraine d’une petite fille belgo-congolaise d’un an et demi prénommée Manuella (papa belge et maman congolaise).

Mercredi 25 octobre, la maman et sa fille ont été emmenées manu militari par la police fédérale au centre fermé 127 bis (ou dois-je dire en prison, car ni effets personnels (même pas le doudou de la petite, ni visite, ni sortie).

Il y a plusieurs mois, la maman avait quitté son conjoint et était prise en charge par le CPAS de Floreffe, où un appartement avait été mis à sa disposition. Le père refusant de reconnaître son enfant pour punir la maman (selon ses propres termes), celle-ci a engagé via son avocat Maître Armelle Philippe (02 482 33 18) une procédure de reconnaissance en paternité "forcée".

Malheureusement, cette procédure est très lente, et la procédure d’expulsion est plus rapide, résultat : une maman et son enfant de moins de deux ans sont enfermés en prison !

De plus la petite Manuella n’ayant pour l’instant aucun documents d’identités, il est impossible pour eux de l’expulser de Belgique, alors à quoi bon les enfermer.

Ce qui est troublant dans cette affaire, c’est qu’un avis d’expulsion a été envoyé à la commune de Floreffe au mois d’Août, celle-ci a fait son enquête via la Police, mais n’a pas prévenu la maman ni les services sociaux qui suivent son dossier. Il est vrai que ce n’est pas une obligation dans le chef de la commune, mais comment ne pas s’indigner de ce genre de procédé ? Je tiens à féliciter les fonctionnaires zélés de l’administration de Floreffe pour la courageuse prise de responsabilité qui a permis d’emprisonner une maman et sa fille d’un an et demi.

Nous n’avons même pas le droit de leur rendre visite, alors que les meurtriers emprisonnés ont droit aux visites… Même le HCR (Haut Comité aux Réfugiés) s’est indigné de l’emprisonnement de mineurs dans le centre 127 bis, mais le Ministre Dewael n’en a cure, le Belgique ayant je pense signé la déclaration des droits de l’homme.

Béatrice & Emeric Tordeurs,
Rue de l’Abyme, 5 1367 Bomal,
0032 475 49 52 61

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