9 janvier 2009 2009

Dakar : L’Argentine prostituée ?

Le Dakar, qui se court pour la première fois en Amérique du Sud entre l’Argentine et le Chili, était attendu avec impatience par toute une population fanatique de sport mécanique. Quelques voix s’élèvent cependant contre une épreuve considérée comme une aubaine pour la région.

« Une fois de plus, l’Argentine s’est vendue comme une prostituée, et en tant qu’Argentine, ça me fait très mal ». Le cri de rage de Norma Ratto, la présidente de la Société nationale d’archéologie, contre les organisateurs du rallye Dakar a fait le tour de la presse sud-américaine. C’est en effet la première à critiquer ouvertement les organisateurs du rallye, qui doit apporter gloire, richesse et publicité à l’Argentine. C’est l’événement sportif le plus important depuis la Coupe du monde de football en 1978, selon les journaux argentins. « Suite à l’annulation du Dakar en Afrique nous avons alors pensé à l’Argentine où nous avions déjà des projets de course. Nous avons immédiatement reçu l’appui des présidentes Christina Kirchner et Michelle Bachelet, et le reste ne fut que formalités », explique Etienne Lavigne, le directeur de la course.

Mais « qui s’est soucié des plateaux riches en vestiges fossiles et archéologique, des territoires sacrés des mapuches ou des autres populations indigènes ? Personne ! ». Grande, blonde aux cheveux courts, Norma Ratto est furieuse : « Nous n’avons même pas été informés du parcours, rien n’a été publié ouvertement. Ils prétendent que les études d’impact ont été faites, mais où sont-elles ? Si ces études existent, alors qu’ils les publient sur Internet. Là au moins, il n’y a pas de secret ».

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La photo est de Gabriel Bouys, de l’Agence France-Presse.