26 janvier 2009 2009

On meurt de faim parce qu’on n’a pas pu être alphabétisé

En novembre 2008, la commune d’Anderlecht, Frères des hommes et ITECO ont organisé une rencontre sur le rôle de l’éducation populaire. Cet événement a été l’occasion de réfléchir à l’évolution de ce secteur dans différents contextes et de se pencher sur le nouveau visage qu’il revêt au Nord, notamment en Belgique, sous la dénomination d’éducation permanente.

En déclarant « On meurt de faim parce qu’on n’a pas pu être alphabétisé », Paulo Freire, célèbre pédagogue, mettait en avant le rôle central l’éducation dans la défense des droits des populations opprimées. Evoluant dans le contexte de la dictature du Brésil, il considérait que son rôle d’éducateur était intimement lié à son engagement révolutionnaire et affirmait en conséquence : « Je suis un éducateur parce que je suis révolutionnaire et je suis un révolutionnaire parce que je suis éducateur ».

Concepteur d’une méthode permettant d’apprendre à lire et à écrire en trente heures, l’apport de Paulo Freire ne s’est donc pas restreint à un simple exercice d’alphabétisation. Il s’agissait pour lui d’accompagner les apprenants dans une véritable relecture du monde, de leur société afin de les aider à endosser le rôle d’acteurs dans la lutte contre leur condition d’opprimés. Sa démarche concrétisait ainsi sa volonté profonde d’encourager l’autre à « devenir sujet », à changer le regard qu’il porte sur lui-même et sur la société. A partir de ce regard sur sa propre réalité, l’apprenant se transforme ainsi peu à peu en construisant des connaissances plus amples et plus collectives. Il développe progressivement une aptitude à exprimer un avis divergent et à dire « non » à l’injustice, tout simplement.

Lire la suite : L’éducation populaire au Guatemala - En Belgique, de l’éducation populaire à l’éducation permanente - Comment l’éducation populaire donne un nouveau visage à la femme congolaise - Paulo Freire, toujours d’actualité aujourd’hui pour l’alphabétisation >