17 décembre 2015 2015

Faut-il avoir peur des jeunes ? Faut-il activer le « mosquito » ?

Antipodes n° 211, de décembre 2015, est en ligne et sera dans les boîtes aux lettres des abonnés dans quelques jours. Ci-dessous, la présentation :

Faut-il activer le « mosquito » ?

Plus d’un tiers des jeunes entre 18 et 30 ans ont voté Front national au primer tour des élections régionales en France en ce décembre 2015 ; de ceux qui ont voté, à tout le moins : si l’on tient compte de l’ensemble des jeunes pouvant voter, douze jeunes sur cent ont voté extrême droite. Faut-il en avoir peur ?

Les jeunes ne se désintéressent pas uniquement de la politique. Ils semblent être de moins en moins attirés par la coopération, l’humanitaire, la vie associative —et on se demande dès lors par quoi ils sont attirés à la place. Faut-il en avoir peur ?

Un groupe de jeunes partis de Strasbourg en Syrie fin 2013, dont faisait partie un des kamikazes du Bataclan, on dit à leurs parents qu’ils allaient en Syrie en mission humanitaire...

Les jeunes croient que le monde va à la dérive —même si, pour la plupart, ils se sentent capables d’affronter leur avenir personnel.

Et puis, des jeunes qui tuent aveuglement d’autres jeunes, cela n’existe pas qu’à Paris. Faut-il en avoir peur ?

Les jeunes ont peur et des gens ont peur des jeunes.

Faut-il activer le « mosquito », cet émetteur d’ultra-sons dont seuls les jeunes sont sensibles et que l’on place ici et là pour s’en débarrasser ?

Le bourgmestre de la principale ville portuaire belge et leader du principal parti au Gouvernement qualifie les populations d’origine étrangère —dont certains sont depuis un demi-siècle en Belgique— de la « mauvaise sorte de migrants ». Faut-il en avoir peur ?

Le peur amplifie la peur, c’est bien connu. Il ne faut pas pour autant laisser la peur nous paralyser et désactiver notre énergie transformatrice. Il ne faut pas que la peur soit plus forte que nous, que l’empathie et la solidarité disparaissent de nos esprits cédant la place à la seule méfiance et la crainte.

Néanmoins, il ne faut pas nier la peur. Pour la dépasser, il faut la regarder en face. C’est ce que nous avons voulu faire en collectant cet ensemble de textes sur les jeunes, ensemble où il n’est pas uniquement question de peur, d’ailleurs.

Faut-il avoir peur de le lire ? Bien entendu que non, bien au contraire.

Bonne lecture.