La thématique de cette AG portera sur la pensée de Paulo Freire et sur l’actualité de son engagement dans le combat contre ce qu’il a nommé le « libéralisme postmoderne et sa tentative de nous faire sombrer dans le fatalisme ».
Les inégalités globales sont hors de contrôle : selon Oxfam, 2.153 personnes sur la planète qui ont un patrimoine supérieur à un milliard de dollars détiennent plus de richesses que 4,6 milliards de personnes, ce qui équivaut à 60% de la richesse mondiale. 26 personnes concentrent autant de richesses que la moitié de l’humanité.
La fortune cumulée des milliardaires augmente de 2,2 milliards d’euros par jour…
Du point de vue politique, le pouvoir institutionnel et la communication régissent de plus en plus les espaces politiques locaux et internationaux. La démocratie représentative est mise en cause, la méfiance vis-à-vis de la politique traditionnelle ne cesse d’augmenter et la croissance des projets sociétaux d’extrême droite fait froid dans le dos…
Dans un tel contexte, avec autant de « situations-limite », selon la pensée de Freire, de quelle émancipation pouvons-nous encore rêver ? Comment rêver encore d’un autre monde nécessaire, construire « l’inédit viable » d’une société égalitaire dans l’exercice du pouvoir et du partage des ressources et des richesses ?
L’apport de la pensée de Paulo Freire et des expériences qu’il a engendrées peut-il nous servir pour penser l’émancipation face à ce type d’exploitation, de domination et d’hégémonie ?
Nous vous invitons à faire une promenade dans des éléments de la pensée de Paulo Freire et de l’actualité de son engagement dans le combat contre ce qu’il a nommé le « libéralisme postmoderne et sa tentative de nous faire sombrer dans le fatalisme ».
Éducateur, militant, qui a étreint la liberté, Paulo Freire est né en 1921, à Pernambuco, l’une des régions les plus pauvres du Brésil et est devenu un de plus grands pédagogues du XXème siècle.
Plusieurs de ses livres, dont le plus connu est la « Pédagogie des opprimés », ont été traduits dans plus de quarante langues. Une trentaine d’universités lui ont conféré le titre de Docteur honoris causa.
Paulo Freire est décédé le 2 mai 1997 à São Paulo. Il a reçu le titre de Patron de l’éducation nationale du Brésil. En 2012 et en 2017, le senat brésilien a rejeté une proposition de loi visant à retirer à Paulo Freire ce titre. Cette proposition était entre autres portée par le mouvement de droite Pour une école sans parti.