Présentation : Le singe trouve que le poison est content

Mise en ligne: 23 janvier 2007

Une coopération tournée
vers l’aide mais centrée souvent sur la
réalité et les besoins de celui qui croit aider, par Antonio de la Fuente

Un singe se trouve aux bords d’un cours
d’eau. Il y voit un poisson dans l’eau. Alors il
se dit : cet animal est en train de se noyer. Le
singe met alors la main dans l’eau, attrape le
poisson et le sort. Le poisson s’agite dans tous
les sens. Le singe se dit : qu’est ce qu’il est
content. Et lorsque le poisson meurt, le singe
se dit : dommage de ne pas être arrivé plus
tôt.

Cette fable, racontée par un villageois mozambicain
au romancier Mia Couto, illustre
bien la critique à un type de coopération tournée
vers l’aide mais centrée davantage sur la
réalité et les besoins de celui qui croit aider
plutôt que sur celui qui a besoin de coopération.
Dans la formation de base d’ITECO,
autour de laquelle est construit ce numéro
d’Antipodes ainsi que le prochain, l’analyse
des motivations et besoins des participants est
abordée d’emblée.

Valoriser l’attitude envers l’action est un
préalable à la recherche de méthodologies,
affirme dans ce numéro Patricio Montecinos,
formateur aux débuts d’ITECO dans les années
soixante. Ce constat s’est affirmé avec le
temps et reste d’actualité aujourd’hui, au
point que le pôle personnel, compris comme
la réflexion sur l’itinéraire de vie et les motivations
personnelles et l’identification des
contraintes et des atouts individuels, est
abordé de front dès le début de la formation.

Le pôle du contexte, dans lequel se découvrent
les mécanismes à l’oeuvre dans la société,
l’économie, la politique, les groupes
sociaux, ainsi que les déterminations culturelles
 ; le pôle de l’action, par lequel chacun s’investit
dans la réalité du monde ; et le pôle des
partenaires, qui identifie les alliés dans l’action
et les conditions de collaboration, viennent
compléter une boussole qui va permette
à chacun de se situer face aux réalités politiques,
économiques et culturelles des sociétés
modernes et aux rapports qu’elles entretiennent,
de s’orienter dans ses choix d’engagements
ici ou ailleurs.

Pour y arriver, les méthodes utilisées sont diverses,
avec un accent particulier dans l’emploi
de techniques actives et participatives.
Des jeux de simulation, la présence de témoins
privilégiés, de spécialistes des domaines
traités et l’apport de matériaux audiovisuels
sont régulièrement sollicités pour enrichir
et structurer la réflexion. Ce numéro présente
ses thèmes et ses manières, retrace le
profil de ses participants, suit son parcours
dans le temps depuis bientôt quarante ans. La
prochaine édition viendra compléter ce tableau.