Jeu des cubes

Mise en ligne: 8 mai 2013

Comprendre les
échanges Nord-Sud

Origine

Créé par INODEP à Paris, cet
exercice a été adapté par ITECO
qui l’utilise depuis de nombreuses
années.

Nombre de participants

Cinq personnes environ par
pays est un nombre optimal,
ce qui fait un total de vingt
personnes. Il est possible de
jouer avec un minimum de
douze personnes et un maximum
de vingt-huit. Le nombre
de joueurs par pays ne doit pas
obligatoirement être identique.

Durée de l’activité

Quarante minutes de jeu et une
heure d’analyse environ.

Espace requis

Une grande pièce.

Matériel nécessaire

Quatre tables et une chaise par
participant ; quatre tableaux
symbolisant les pays ; un tableau
récapitulatif ; deux capuchons
de marqueurs sur lesquels
on enroule environ un
mètre de papier collant ; vingt-huit
feuilles de carton bristol
240-320m ; six lattes d’au
moins 10 cm ; six crayons ;
trois paires de ciseaux ; deux
rouleaux de papier collant.

Objectifs

Ce jeu essaie de faire comprendre
les échanges Nord-
Sud. C’est ainsi un bon outil
pour une première sensibilisation
aux relations Nord-Sud. Il
a aussi un objectif qui relève
du groupe qui joue : De quelle
manière le groupe réagit-il
soumis à une situation de concurrence
 ? Y a-t-il solidarité,
coopération ou renforcement
de la concurrence ? Les aptitudes
reproduites de manière
spontanée sont révélatrices de
l’idéologie du groupe.

Déroulement

Quatre pays sont représentés
par autant de groupes qui reçoivent
chacun des outils de
production différents. Le but
du jeu est de produire un
maximum de cubes en carton
répondant à des normes bien
précises.

Les quatre groupes, représentant
deux pays riches et deux
pays du tiers monde doivent
réaliser des cubes en carton de
trois cm2 de côté. Les arêtes
doivent être tracées au crayon
et toutes entièrement couvertes
de papier collant, même si une
arête est constituée par une
pliure (voir le cube ci-contre).

Après affichage du tableau des
répartitions des ressources de
chaque pays pour la production
de cubes (voir le tabeau
ci-contre), le meneur de jeu le
présente comme suit :

Le monde est représenté par
quatre pays : le Japon, l’Allemagne,
le Pérou et le Zimbabwe.
Le Japon possède beaucoup
de colle, trois règles,
trois crayons, une paire de ciseaux
— pour désigner la technologie
de pointe— et une
feuille de carton qui évoque
les matières premières. L’Allemagne
possède la même quantité
de colle, de règles, de
crayons, deux paires de ciseaux
et deux feuilles de carton.
Au Pérou, peu de colle, pas de
règle, de crayon ni de ciseaux,
mais quinze cartons (beaucoup de matières premières).
Au Zimbabwe, un peu de colle
et dix feuilles de carton.

Après quarante minutes, on
comptera sur chacune des tables
qui représentent les pays,
le nombre de cubes effectués
correspondant aux normes demandées.
Le jeu se déroule
dans la pièce et l’on ne peut
pas en sortir. Il faut faire disparaître
les crayons, bics...
personnels.

Après l’explication des consignes
et la distribution du matériel,
le jeu peut commencer.
Chacun négocie ou travaille
librement. Les pays riches
s’empressent généralement de
construire leurs cubes avec le
matériel qu’ils possèdent, les
pays pauvres sont acculés à
négocier directement, soit entre
eux, soit avec les pays industrialisés.
Ces derniers, très
vite en manque de matières
premières, sont obligés de se
tourner vers les autres pays.

Selon les groupes, l’activité se
passe dans le calme ou de manière
conflictuelle. L’animateur
s’abstient d’intervenir
sauf en ce qui concerne le minutage
 : « Attention, il reste
dix minutes ». Pour l’observation,
l’utilisation de la vidéo
est possible.

Avis aux animateurs

Après les quarante minutes,
une commission internationale
constituée d’un délégué par
pays est constituée pour faire
les comptes. Les délégués,
armés de leurs règles, vérifient
les cubes et éliminent ceux
qu’ils jugent défectueux. Ce
procédé évite que les animateurs
soient ressentis comme
partie prenante pour un pays.

Il est important d’insister sur
le fait que la production des
cubes est totalisée par pays. Il
peut arriver que les participants
aient décidé de produire
tous ensemble en rapprochant
les tables des quatre pays. Le
meneur de jeu doit alors acculer
le groupe à défusionner et à
mettre sur chacune des tables
une part de la production commune.
Il faut pousser le
groupe à négocier entre ses
composantes et non pas faciliter
les fusions idéalistes.

Colle Règles, crayons Ciseaux Carton
Japon beaucoup 3 1 1
Allemagne beaucoup 3 2 2
Pérou peu - - 15
Zimbabwe peu - - 10

Le meneur inscrit au tableau
les nombres de cubes acceptés
par pays et déclare le vainqueur.
Les groupes forment
alors un cercle où chaque pays
prendra la parole pour faire
son histoire, son évolution. Le
débat s’ouvre avec l’apport
des observateurs.

Certains participants ont tendance
à se tourner vers le meneur
de jeu pour lui demander
« peut-on voler ? », « peut-on
vendre... ? ». Ces questions
doivent rester sans réponses de
la part de l’animateur. C’est
aux participants à créer leurs
normes.

Si on a désigné des observateurs
parmi les membres du
groupe, ce qui peut-être utile
quand le groupe est nombreux,
il faut qu’ils s’en tiennent à
leur rôle. Il leur est interdit
d’intervenir dans le jeu. Ils
noteront leurs observations à
la lumière d’une éventuelle
grille d’observation remise par
le meneur de jeu.

L’analyse

Pour compléter l’exercice on
peut réfléchir, au sein de chaque
pays d’abord, en plénière
ensuite, à ce qui s’est passé à
l’intérieur du groupe en rapport
à la réalité extérieure.

Quant au fonctionnement du
groupe, ayant pu reconstituer
les règles de fonctionnement,
quel « monde » a-t-il été créé ?
Un monde de coopération ?
Un monde de concurrence ?
Pour ce qui est des comportements
individuels, qui négociait,
qui organisait le travail,
qui était cantonné dans la production,
qui est resté passif,
observateur, touriste, se promenant
d’une table à l’autre
pour regarder ? Qui est allé
voler, qui a déclenché la bagarre,
qui a mal supporté le
conflit, le vol, qui s’est révolté
contre la règle et quelle forme
cela a-t-il pris ? Ces rôles ont-ils
été négociées, ou cela a-t-il
été le règne du chacun pour
soi ?

Il ne s’agit nullement d’une
analyse psychologique, mais
d’essayer de comprendre des
logiques sociales. Par exemple,
on constate souvent que
les filles ont tendance à se
trouver dans des rôles d’exécution
et les hommes dans des
rôles de dirigeants. Ces rôles
de chefs ou d’exécutants peuvent
également être liés au
type de formation des personnes,
au fait d’avoir reçu une
éducation de chef ou de subalterne...
Les participants peuvent
se rendre compte ainsi
que leur attitude dans le jeu
peut correspondre à l’attitude
qu’ils ont dans la vie par rapport
à la compétitivité et aux
enjeux. Ce débat peut entraîner
une réflexion sur l’origine
de leur attitude, sur leur intégration
ou le fonctionnement
du modèle social qui domine
en eux.

Quant à la « réalité réelle »,
les échanges internationaux
fonctionnent-ils de cette manière
dans la réalité actuelle ou
historique ? Peut-on mettre en
rapport des phases du jeu avec
des événements de l’histoire
ou de l’actualité internationale
 ? De ce point de vue, ce
jeu peut se compléter par une
conférence ou un film sur les
multinationales, les mécanismes
économiques internationaux,
les rapports Nord-Sud,
etc...