Présentation

Mise en ligne: 4 mai 2020

par Chafik Allal

Dire Non : tel est le départ. En soi, et dans le Monde actuel, dire NON est déjà une révolution. Beaucoup de citoyens, parmi lesquels des salariés, n’osent même pas oser penser qu’ils puissent dire Non. Pourtant, quel pouvoir ! quelle puissance ! contenue dans la simplicité de ce mot : Non, No, Nee, La, Nein. Je ne sais pas en combien de langues il faudrait le dire et le décliner pour que les dominants comprennent enfin. Parfois, des mouvements sociaux ont été divisés quand on leur a demandé d’expliciter les raisons de leurs « NON ». Certains disaient non au capitalisme, d’autres au patriarcat, d’autres encore au racisme et aux discriminations liées. Ici, le NON est souvent massif, indivisible et dure des mois parfois plus qu’une année (des Algériens, par exemple, sont toujours mobilisés jusqu’à aujourd’hui). Aujourd’hui le NON est unanime, explicité un peu partout, et touche également le coeur de l’Empire. Les colères convergent, des gens traditionnellement socialistes qui défendent la cause de la nature, des écologistes crient leur colère pour l’égalité femmes-hommes, des mouvements féministes qui en ont marre de voir comme les demandeurs d’asile sont traités etc. Ces « NON » ouvrent à des « OUI » multiples en fonction des contextes. Nous couvrons et ouvrons ici à ces luttes pour essayer de comprendre ce qui se passe dans quelques contextes : la Bolivie, le Chili, l’Algérie, le Sénégal, l’Italie. Il y aurait eu moyen de faire 10 numéros en couvrant d’autres luttes, nous nous sommes restreint à ces pages en étant persuadés que nous ne faisons que commencer un nouveau cycle de colères multiples, nombreuses et convergentes.

« De tout, il reste trois choses :
La certitude que tout est en train de commencer,
la certitude qu’il faut continuer,
la certitude que tout peut être interrompu avant d’être terminé.
Faire de l’interruption, un nouveau chemin,
faire de la chute, un pas de danse,
faire de la peur, un escalier,
du rêve, un pont,
de la recherche…
une rencontre. » Fernando Sabino, O Encontro Marcado 1