Signé Boulon

Mise en ligne: 19 mai 2017

Vingt-cinq ans d’illustrations à ITECO, par Antonio de la Fuente

Boulon est musicien et artiste-graveur, il a été professeur à l’académie de Boitsfort pendant six ans, a fondé le groupe Largo et joue à présent avec Studio Pagol et d’autres formations. Il est arrivé à ITECO vers 1985 à travers un ami objecteur de conscience qui mettait en page la revue d’ITECO, à l’époque appelée Peuples et libérations. Il a commencé à illustrer les textes en faisant des dessins sur les marges, comme des parasites. Et de manière bénévole. « Je ne comprenais pas la moitié des textes. Je ne savais pas ce que voulait dire ONG. Je continue à travailler ce décalage, je ne suis pas un spécialiste, je découvre à travers les textes ».

« A l’époque tout se faisait à la main,
avec des photocopies, des ciseaux et de la colle Rubber. ITECO était une petite équipe de cinq personnes qui travaillait rue du Boulet, au centre de Bruxelles, des formations se donnaient sur place, beaucoup de gens passaient par là.

« Il fut une période pendant laquelle je
recevais les textes par la poste et je déposais les dessins dans la même enveloppe —pas de gaspillage— à ITECO. Et une période de vaches maigres, pendant laquelle j’illustrais uniquement la couverture. A présent, je reçois les articles par mail, j’imprime, je lis, je relis, je griffonne sur le papier, je fais un crayonné et un encrage, je numérise et retravaille sur ordinateur et j’envoie à trois heures du matin le jour du bouclage.

Le traitement ? « Cela dépend des articles, quand ce sont des articles abstraits je joue avec les titres et essaie d’aller plus loin dans l’abstraction. Cela dépend de l’humeur, aussi, parfois c’est humoristique ou symbolique ou naturaliste. Je ne me tiens pas spécialement à une même direction.

« Antipodes me permet d’expérimenter,
de varier. Malgré tout, il reste un esprit commun, un humour un peu cru, une unité ». Boulon affirme que même si les sujets reviennent, il essaie de ne pas trop se répéter (la répétition fait partie de la pédagogie et les groupes en formation se renouvellent, essaie de se justifier ce rédacteur0). Il essaie aussi de ne pas trop utiliser la mappemonde, image mise à toutes les sauces par les ONG, encore qu’il y a moyen de trouver des bonnes idées avec la mappemonde. La preuve par ce dessin qui illustrait un numéro sur la communication des ONG.

Pour illustrer le tiers monde, Boulon dessine presque toujours l’Afrique… « C’est par rapport à l’Afrique qu’il y a le plus de contraste. J’aime bien le noir et blanc, je trouve que la couleur adoucit le propos. On obtient une vraie intensité, un vrai contraste. C’est par rapport à l’Afrique, plus qu’ailleurs, que je trouve ce contraste. Et puis j’ai grandi en lisant Tintin au Congo, ce sont ces images qui nous reviennent tout le temps ».